Dans un message présenté comme strictement personnel, le citoyen guinéen Mamadou Bhoye Baldé, établi à New York, interpelle le Général Mamadi Doumbouya et plaide pour la libération d’Aliou Bah, président du MODEL. Il appelle également à transformer les tensions politiques en une occasion de rapprochement.
Il est un peu plus de 3 heures du matin à New York. À Conakry, le jour commence déjà à se lever. Dans le silence de la nuit, Mamadou Bhoye Baldé prend la plume pour adresser un message au Général Mamadi Doumbouya.
L’homme explique qu’il traverse régulièrement des nuits difficiles, marquées par des préoccupations qu’il dit porter profondément. Cette fois, il choisit de parler publiquement, mais tient à préciser qu’il le fait à titre strictement personnel, en tant que simple citoyen guinéen.
« Je m’exprime ici en mon nom propre, et non au nom d’une institution ou d’une organisation », précise-t-il d’emblée.
Son message porte principalement sur la situation d’Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MODEL). Mamadou Bhoye Baldé rappelle avoir, comme d’autres Guinéens, souhaité que le chef de l’État accorde sa grâce à l’opposant politique.
S’il dit prendre acte de la décision intervenue après un certain temps, il souhaite désormais aller plus loin et demande au Général Mamadi Doumbouya d’envisager, selon lui, les conditions permettant à Aliou Bah de retrouver sa liberté et sa sérénité.
« Non plus un adversaire politique, mais un frère et un ami »
Dans son appel, Mamadou Bhoye Baldé s’adresse également à ceux qui peuvent faire parvenir son message au président de la République.
Il explique avoir connu Aliou Bah « à distance » et souligne que ce dernier ne sait probablement même pas qu’il existe. En revanche, affirme-t-il, Mamadi Doumbouya le connaît personnellement. C’est cette relation qui, selon lui, l’autorise à formuler cette demande avec humilité.
Son souhait est clair : voir Aliou Bah bénéficier des conditions nécessaires pour se reconstruire moralement et retrouver la tranquillité, quitte à s’éloigner temporairement de la scène politique guinéenne.
Mais au-delà de la question de la détention, son message se veut surtout un appel à dépasser les antagonismes politiques.
« Pourquoi ne pas transformer cette épreuve en une occasion de faire d’Aliou Bah non plus un adversaire politique, mais un frère et un ami ? », écrit-il.
Une manière, pour lui, d’inviter les acteurs politiques guinéens à considérer les périodes de tension non seulement comme des moments de confrontation, mais aussi comme des occasions de rapprochement et de réconciliation.
« La Guinée appartient à tous les Guinéens »
Dans la dernière partie de son message, Mamadou Bhoye Baldé élargit son propos à la situation politique et sociale du pays.
Il rappelle que les Guinéens peuvent avoir des opinions, des parcours et des visions politiques différents sans cesser d’appartenir à une même communauté nationale.
« La Guinée appartient à tous les Guinéens », écrit-il, appelant chacun à préserver les liens qui unissent les citoyens au-delà des divergences politiques.
Depuis New York, son message se termine par une prière. Il demande à Allah d’apaiser les tensions, de guider les dirigeants guinéens, de rapprocher les cœurs et de faire de la Guinée une terre de paix, de justice, de dignité et de prospérité.
« Qu’Allah protège la Guinée et l’ensemble de son peuple », conclut-il.
Un message personnel, donc, mais dont l’ambition dépasse la seule situation d’un homme : appeler à l’apaisement, au dialogue et à la fraternité dans une Guinée profondément marquée par les divisions politiques.
Rédaction

