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Au-delà du tumulte : l’urgence de l’éthique et de la sagesse partagée

Il est 1 heure du matin ici, aux États-Unis d’Amérique, lorsque des amis m’ont joint pour me questionner au sujet d’une vidéo devenue virale sur la toile, mettant en scène un accrochage entre le cortège d’une autorité guinéenne et des citoyens au carrefour Toumany Sangaré de Nongo.

Malgré la fatigue accumulée après une journée de charges institutionnelles et académiques, j’ai pris le temps de visionner les différentes séquences et d’écouter les témoignages.

​De mon analyse, il ressort une polarisation habituelle en deux blocs distincts : les partisans inconditionnels des autorités d’un côté, et les soutiens inflexibles des citoyens de l’autre. Ce clivage, que l’on observe trop souvent dans ce type de situation, ravive la vieille fracture entre dirigeants et opposition. Pourtant, le fond de cette affaire dépasse les simples sensibilités politiques : il s’agit d’une question éthique fondamentale, et cela doit interpeller les esprits éclairés.

​Beaucoup de cadres de notre pays choisissent le silence par prudence, pour éviter d’être étiquetés, catalogués ou rangés dans un camp ou un autre.

Cependant, si nous persistons à observer le silence face à ces dérives, nous courons tous le risque d’en subir, un jour ou l’autre, les lourdes conséquences. C’est précisément pour éviter d’avoir à pleurer le médecin après la mort qu’il est impératif d’intervenir et de jeter des ponts avant que la situation ne devienne irréversible.

​Mesdames, Messieurs, je vous invite à prêter attention à ce récit :

​« C’était entre 2014 et 2016, je ne me rappelle plus la date exacte, aux alentours de 17h ou 19h au carrefour Mariador Palace, face à la station-service située juste après le carrefour de transit en direction de Kipé. La circulation était, comme à son habitude, particulièrement dense.

C’est alors que le Général Aboubacar Sidiki Camara, dit « Idémin », actuel Ambassadeur de la République de Guinée en France, est arrivé avec son cortège. Il se trouvait dans une Jeep verte découcapotée, accompagné de son chauffeur et de deux pick-up d’escorte. Ils ont emprunté le milieu de la chaussée à l’aide de sirènes et de signaux, incitant les deux sens de circulation à libérer le passage. J’ai moi-même cédé la route à l’officier.

Dans le mouvement, le conducteur d’un 4×4 a profité de l’occasion pour s’insérer dans le sillage du cortège. Nous avons suivi la scène des yeux jusqu’en face de l’ANAFIC. Là, le cortège s’est immobilisé ; les gardes sont descendus pour intercepter le véhicule. Franchement, j’ai eu des craintes quant au sort réservé à cet automobiliste.

Mais à ma grande surprise, le Général Idéamine est descendu de sa Jeep, a ordonné à ses gardes de se replier, et a eu un échange courtois avec le citoyen. Ce dernier a ensuite repris sa route normalement, et le cortège est reparti sans le moindre incident. »

​J’ai l’espoir que chacun de vous aura saisi le message profond que je souhaite transmettre à travers cet exemple.

​Encore une fois, la paix vaut infiniment mieux que d’avoir raison. Autorités ou citoyens, pro ou contre, nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains, des Guinéens, des frères et des sœurs.

Cultivons la paix, respectons-nous mutuellement et aimons-nous les uns les autres.

​Que Dieu bénisse la République de Guinée et tous les Guinéens, où qu’ils se trouvent.

Par le Jeune Diplomate Scientifique, l’Ambassadeur Mamadou Bhoye BALDE

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