Site icon L'Information en temps réel!

Conakry : Coup de force à l’Assemblée générale du REGAP+, le CNLS accusé d’ingérence

L’ambiance est électrique ce vendredi 12 juin 2026 à Conakry. L’Assemblée générale du Réseau Guinéen des Associations de Personnes Infectées et Affectées par le VIH/SIDA (REGAP+), qui devait être un moment de concertation démocratique, a basculé dans le chaos et la colère. Au cœur de la crise : des accusations de tripatouillage des statuts et une exclusion massive de délégués.

Venus de Boké, Koundara, Kamsar, Faranah ou encore Boffa, de nombreux représentants régionaux ont trouvé portes closes. Bloqués à l’entrée de la salle sur ordre de la direction générale, ils se sont vus refuser l’accès faute d’une « accréditation préalable ». Un argument bureaucratique qui passe d’autant plus mal que parmi les refoulés figure l’un des pères fondateurs historiques du réseau. Privés de leur droit de vote, ces militants de la première heure crient au scandale et à la trahison.

Derrière le verrouillage de cette assemblée se joue une véritable guerre de pouvoir. Selon des sources internes, la légitimité de la direction actuelle ne tient plus qu’à un fil. La directrice en exercice, Hadja Bodjé Bah, a déjà épuisé ses deux mandats réglementaires. Statutairement inéligible, sa volonté de se maintenir à la tête du réseau cristallise toutes les tensions.

Face à ce qu’elle qualifie de dérive, la vice-présidente du REGAP+, Mme Somparé Mariame Botchini, est sortie de sa réserve pour exprimer son indignation :

« Je me demande pourquoi le CNLS (Comité national de lutte contre le sida) s’ingère ainsi dans la gestion d’une Assemblée générale qui relève exclusivement du REGAP+. Qu’ils refusent de prendre en charge financièrement ces délégués est une chose, mais ces derniers restent des membres à part entière du réseau. Ils sont éligibles et doivent impérativement entrer dans cette salle pour participer aux votes. »

Pour la vice-présidente, ce coup de force est le résultat d’une opacité totale entretenue par la direction :

« C’est la conséquence d’un manque absolu de communication au sein du Conseil d’administration. La présidente décide seule. Hier encore, quand je lui ai demandé la liste des participants, elle m’a répondu qu’elle était fournie par le CNLS. Pourquoi cette institution déciderait-elle à notre place ? Le CNLS est là pour nous accompagner, il n’est pas notre tuteur. C’est à nous, et à nous seuls, de décider de notre sort. »

La fracture est également géographique. Alors que les termes de référence de l’organisation prévoient rigoureusement deux délégués par région pour garantir l’équité nationale, seules trois ou quatre régions ont pu envoyer des représentants validés par la direction.

« Le réseau n’est pas un club privé. Il regroupe des associations issues de tout le pays. Les règles doivent être respectées », martèle Mme Botchini.

Les délégués frondeurs exigent désormais la réintégration immédiate de leurs pairs et l’organisation d’un scrutin transparent et crédible. À l’heure où nous publions ces lignes, ni la direction du REGAP+ ni les responsables du CNLS n’ont souhaité répondre à nos sollicitations.

Rédaction

 

Quitter la version mobile