La responsabilité citoyenne pour un débat politique vertueux et débarrassé des fausses rumeurs. Ceci constitue un appel à la responsabilité de chacun pour promouvoir un débat politique et public vertueux, débarrassé de la propagation de la fausse rumeur. Il invite chaque citoyen à privilégier la vérité, à respecter la réalité et à cultiver la patience, afin que la vie publique repose sur des faits, sur la sérénité et sur l’exigence morale du dialogue.
Une rumeur est une information dont la véracité est incertaine et l’origine floue, tandis qu’une fausse rumeur ou fake news, est un mensonge réel, souvent créé ou amplifié pour porter préjudice, ternir l’image d’une personne ou manipuler l’opinion.
Dans la plupart des sociétés africaines contemporaines, la rumeur s’impose trop vite et trop facilement comme un outil de communication et d’opposition politique ou personnelle, même lorsque cela contrevient à la tranquillité et à la sérénité dans le pays.
Malgré tout, la rumeur reste une arme dangereuse, généralement utilisée par peur de se dévoiler, se dissimuler pour ne pas se faire découvrir ; se cacher derrière une contre vérité. La fausse nouvelle n’est ni une inflammation ni un renseignement. Elle naît dans la peur ou la haine, prospère dans la détresse, et vise à déformer les faits, fragiliser la confiance publique, créer la panique chez les moins avisés et remplacer le débat par la suspicion, même lorsqu’elle ne dure qu’un très court instant.
L’histoire nous enseigne que la simple rumeur a parfois suffi à créer le trouble, à fracturer des communautés et, dans certains cas rares, à déclencher des conflits ouverts. Elle a provoqué des crises inattendues, alimenté des peurs irrationnelles et entraîné des nations entières dans des spirales de tension dont elles ont mis des années à se relever.
Mais chacun sait aussi que la rumeur ne se substituera jamais à la vérité ni à la réalité. Sa consommation, plus facile chez les moins avisés ou les plus fragiles, crée l’inquiétude et installe un climat de méfiance. Or, la réalité est le terrain solide sur lequel se construisent les décisions justes.
La vérité, éclairant cette réalité, dissipe la rumeur, éclaire les consciences et fonde la confiance publique. La patience, enfin, est la vertu qui permet aux sociétés de mûrir, de dialoguer et de dépasser les tensions. Aimer son pays, c’est aspirer à l’entente, à la tolérance, à la réconciliation, à la paix et au développement.
La Guinée est une terre à laquelle Dieu a accordé de nombreuses faveurs : une nation privilégiée par la nature et par l’histoire, portée par de grands Hommes et Femmes, fils et filles de Guinée.
Notre pays mérite mieux que les fractures alimentées par les discours de méfiance et les stratégies de déstabilisation.
Dans un contexte où la plupart des pays de la sous‑région ouest‑africaine sont exposés à la polarisation, la responsabilité des citoyens en général, et des acteurs politiques en particulier, est immense. Il leur revient de dominer leurs émotions, de privilégier le dialogue et de comprendre que tout mal dirigé contre une personne finit toujours par atteindre une autre.
La violence verbale, la manipulation et la rumeur ne construisent rien : elles détruisent la cohésion, affaiblissent les liens et éloignent les citoyens des véritables enjeux de la recherche de l’entente. L’entente et l’acceptation mutuelle ouvrent la perspective d’une victoire prochaine, assurée et partagée : une victoire de la paix, de la stabilité et de la maturité politique. C’est dans cette dynamique que la Guinée pourra poursuivre son chemin vers un avenir apaisé, réconcilié et résolument tourné vers le développement et la prospérité.
Le président de l’ONASUR, Dr Sékou koureissy Condé

