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Droit de réponse à l’article intitulé « Affaire de disparition d’argent à AFG Bank

Objet : Droit de réponse à l’article intitulé « Affaire de disparition d’argent à AFG Bank : le récit de Laye Sidibé “Wassaba Sport” résiste-t-il à l’épreuve des faits ? »

À la suite de la publication de l’article signé par Monsieur Abdoul Latif Diallo, présenté comme journaliste d’investigation, relatif au différend m’opposant à AFG Bank, nous estimons nécessaire d’apporter les précisions suivantes afin que le public puisse disposer d’une information contradictoire, équilibrée et conforme aux éléments du dossier.

Il est particulièrement regrettable qu’un article qui prétend soumettre mon récit  « à l’épreuve des faits » se construise essentiellement autour d’affirmations et d’interrogations défavorables à celui-ci, sans que ma version ne semble avoir été recherchée avant publication.

Il ne s’agit pas ici de demander à la presse de prendre parti pour moi, mais simplement de rappeler qu’une investigation sérieuse suppose de confronter les versions et, surtout, les pièces.

Sur l’évocation du dossier Cellcom : quel rapport avec les coffres d’AFG Bank ?

L’article termine son développement en évoquant un ancien contentieux relatif à Cellcom, comme si l’existence d’autres procédures judiciaires impliquant Monsieur Sidibé était susceptible de renseigner sur la réalité du litige qui l’oppose aujourd’hui à AFG Bank.

Ce rapprochement est dénué de pertinence.

Monsieur Sidibé aurait-il eu dix, cent ou même mille procédures judiciaires, que cela ne changerait strictement rien à la question posée dans le présent dossier : les deux coffres qu’il avait loués auprès d’AFG Bank ont-ils été retrouvés vides et, dans l’affirmative, comment leur contenu a-t-il pu disparaître ?

Évoquer Cellcom ne démontre ni que les coffres étaient initialement vides, ni que Monsieur Sidibé les aurait lui-même vidés, ni que les sommes revendiquées n’y auraient jamais été placées.

Ce procédé tend à déplacer le débat des faits vers la personne du demandeur. Ce n’est pas parce qu’un justiciable a été partie à d’autres contentieux que ses prétentions dans une nouvelle affaire deviennent, par principe, suspectes.

Le prétendu défaut de preuve : un reçu existe

L’article affirme que Monsieur Sidibé « n’apporte aucune preuve du placement » de la somme litigieuse.

Une telle affirmation est contestée.

Il existe un reçu relatif au versement des fonds, établi sur un document portant l’en-tête de la banque.

Avant d’affirmer publiquement l’absence de toute preuve, une démarche journalistique contradictoire aurait consisté à solliciter Monsieur Sidibé ou ses conseils, à demander communication des pièces dont ils se prévalent, puis à confronter celles-ci à la position de la banque.

Dire qu’il n’existe aucun reçu sans avoir recherché auprès de l’autre partie si un tel document existe révèle, à tout le moins, une investigation manifestement incomplète.

Une question demeure : où sont les images des caméras de surveillance ?

L’article consacre de longs développements au fonctionnement théorique des coffres-forts bancaires : double clé, présence nécessaire du client, impossibilité alléguée pour un tiers d’accéder seul au coffre, absence de trace d’effraction, etc.

Précisément.

Si le système est aussi sécurisé que l’affirme l’article, comment expliquer que les deux coffres aient été retrouvés vides ?

Et surtout : où sont les images des caméras de surveillance de la banque ?

Depuis le début de cette affaire, la communication des enregistrements de vidéosurveillance permettant notamment de retracer les accès à la zone des coffres a été sollicitée à plusieurs reprises, selon Monsieur Sidibé.

Pourquoi ces images n’ont-elles pas permis, à ce jour, de lever définitivement les interrogations ?

Si, comme l’article l’affirme, l’accès aux coffres ne peut intervenir que dans des conditions strictement contrôlées, les éléments de traçabilité disponibles devraient précisément permettre de déterminer les circonstances des différents accès.

C’est là une question centrale que l’article aurait gagné à poser à la banque.

Le document portant la mention « reste 2,500,000 USD »

Un autre élément essentiel mérite d’être porté à la connaissance du public.

Dans le cadre de ce différend, la banque a produit deux feuilles de papier ordinaire, sans en-tête bancaire, portant notamment la mention : « reste 2,500,000 USD », assortie d’une signature présentée comme celle de Monsieur Sidibé.

Monsieur Sidibé conteste formellement être l’auteur de cette signature et considère qu’il s’agit d’une imitation grossière de la sienne.

Il appartiendra naturellement aux autorités compétentes, et le cas échéant à une expertise, d’en apprécier l’authenticité. Mais l’existence même de ce document soulève une contradiction majeure que l’article ne traite pas.

Raisonnons même, pour les seuls besoins de la discussion, en considérant ce document comme authentique.

Que signifie la mention « reste 2,500,000 USD » ?

Elle signifie nécessairement qu’à la date à laquelle ce document aurait été établi, une somme de 2,500,000 USD restait encore.

Dès lors, une question élémentaire s’impose :

Où sont ces 2,500,000 USD ?

Si ce document est opposé à Monsieur Sidibé pour soutenir qu’il aurait retiré une partie des fonds, il faut alors expliquer ce qu’est devenu le solde de 2,500,000 USD que le document lui-même reconnaîtrait comme restant.

Or, lorsque Monsieur Sidibé a constaté l’état des deux coffres, ceux-ci étaient, selon lui, vides.

Il ne peut donc être soutenu simultanément qu’un document établit qu’il restait 2,500,000 USD, tout en laissant sans réponse le constat selon lequel les coffres ne contenaient plus cette somme.

La véritable question n’est pas de savoir pourquoi Monsieur Sidibé conservait des espèces

L’article s’interroge sur les raisons pour lesquelles Monsieur Sidibé aurait choisi de placer une importante somme en espèces dans des coffres plutôt que de la déposer sur un compte bancaire.

Cette question peut être posée.

Mais elle ne répond aucunement au litige.

Le débat n’est pas de savoir si le journaliste aurait personnellement choisi de conserver une telle somme dans un coffre. Le débat consiste à déterminer ce qui est arrivé aux biens que Monsieur Sidibé affirme avoir placés dans les coffres qui lui avaient été loués par la banque.

D’ailleurs, l’article lui-même développe longuement une explication sur l’origine alléguée des fonds et évoque une transaction immobilière de plusieurs millions de dollars. Il est donc paradoxal de présenter d’un côté l’origine supposée des sommes avec autant de détails et, de l’autre, de suggérer que leur existence serait dépourvue de tout élément matériel.

L’absence d’effraction ne clôt pas le débat : elle renforce les interrogations

L’article relève que les coffres ne présentaient aucune trace de casse et demande :

« Alors comment ont-ils pu être vidés à son insu ? »

Sur ce point, nous partageons au moins la question.

C’est précisément ce qu’il faut déterminer.

Mais l’absence d’effraction ne saurait, à elle seule, constituer la preuve que les coffres étaient vides depuis l’origine ou que Monsieur Sidibé aurait retiré leur contenu.

Au contraire, si l’on soutient que les coffres ne pouvaient être ouverts qu’à l’aide de mécanismes de sécurité placés sous le contrôle respectif du client et de la banque, l’absence d’effraction rend d’autant plus nécessaire l’examen des conditions d’accès : registres, procédures internes, personnes présentes, dispositifs de contrôle et éléments de vidéosurveillance disponibles.

Qui a accédé aux coffres ? À quelles dates ? Dans quelles circonstances ?

Voilà les questions auxquelles il faut répondre.

La justice tranchera, mais la presse doit présenter les faits contradictoirement

L’article affirme enfin que Monsieur Sidibé, « sachant que la décision ne lui serait probablement pas favorable », se serait « empressé » de saisir à nouveau la CRIEF.

Sur quel élément objectif repose l’affirmation selon laquelle Monsieur Sidibé savait qu’une décision judiciaire à intervenir lui serait défavorable ?

Avant son prononcé, une décision appartient au tribunal et à lui seul. Présenter comme acquise ou probable l’issue d’une procédure encore pendante, puis attribuer à une partie un comportement déterminé par cette prétendue anticipation, relève davantage de la supposition que de l’établissement d’un fait.

Monsieur Sidibé n’entend pas demander aux médias de le déclarer victime avant que les juridictions compétentes ne se prononcent.

Il demande simplement que les faits soient présentés dans leur ensemble.

Il appartient à la justice de déterminer les responsabilités. Il appartient en revanche à une presse qui revendique le titre de « journaliste d’investigation » de rechercher les différentes versions, d’interroger les parties et de confronter les documents avant de tirer des conclusions.

À ce jour, les questions essentielles demeurent :

Pourquoi les deux coffres ont-ils été retrouvés vides ? Qui y a accédé ? Pourquoi les éléments de vidéosurveillance sollicités n’ont-ils pas permis de répondre publiquement à cette interrogation ? Quelle est la valeur du document sans en-tête portant la mention « reste 2,500,000 USD » et dont Monsieur Sidibé conteste la signature ? Et, même à supposer ce document authentique, où sont les 2,500,000 USD qu’il indique comme restant ?

C’est sur ces questions précises que devrait porter le débat.

L’évocation du dossier Cellcom, les considérations sur le nombre de procédures judiciaires auxquelles Monsieur Sidibé aurait été partie ou les suppositions relatives à ses intentions ne peuvent se substituer à la réponse à cette question simple :

COMMENT DEUX COFFRES LOUÉS AUPRÈS D’UNE BANQUE, DONT L’ARTICLE LUI-MÊME VANTE LE DISPOSITIF DE SÉCURITÉ ET D’ACCÈS CONTRÔLÉ, ONT-ILS PU ÊTRE RETROUVÉS VIDES, ET QU’EST DEVENU LEUR CONTENU ?

C’est cette réponse que Monsieur Laye Sidibé attend de la justice.

Et c’est sur des faits vérifiables, contradictoirement examinés, que l’opinion publique mérite d’être informée.

Fait à Conakry, le 28 juillet 2026

Monsieur Laye SIDIBÉ dit « Wassaba »

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