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Guinée : Mamadou Bhoye Baldé appelle à l’union des forces scientifiques pour accélérer le développement national

Diplomatie scientifique, recherche, innovation et formation : le jeune diplomate scientifique Mamadou Bhoye Baldé plaide pour une meilleure coordination entre les institutions scientifiques guinéennes. Son ambition : faire de la science un véritable levier de développement et renforcer la place de la Guinée sur la scène scientifique internationale.

Comment mieux mobiliser les compétences scientifiques guinéennes au service du développement du pays ? Pour Mamadou Bhoye Baldé, la réponse passe par le dialogue, la complémentarité et une coopération plus étroite entre les institutions nationales.

Interrogé sur les relations entre l’Équipe scientifique guinéenne au Sommet scientifique des Nations Unies, l’Académie des sciences de Guinée (ASG), la Cité des Sciences et de l’Innovation de Guinée (CSIG) et Simandou Academy, le jeune diplomate scientifique défend une vision fondée sur la complémentarité des missions, l’indépendance de la recherche et la mise en commun des compétences.

« Au-delà de nos missions spécifiques, nous avons tous un dénominateur commun : contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie de nos populations grâce à la science, à la connaissance et à l’innovation », affirme-t-il.

Pour lui, les différences entre ces structures ne doivent pas constituer une source de concurrence, mais plutôt une occasion de construire des partenariats utiles à la nation.

Les institutions scientifiques guinéennes évoluent dans des domaines complémentaires. Chacune possède son mandat, ses responsabilités et ses priorités, mais toutes peuvent contribuer, à leur manière, à la transformation du pays.

Créée par la loi L/2019/058/AN, l’Académie des sciences de Guinée a notamment pour mission de promouvoir le développement des connaissances, de fournir une expertise scientifique aux pouvoirs publics et de contribuer au rayonnement des sciences et de la culture.

La Cité des Sciences et de l’Innovation de Guinée, quant à elle, s’inscrit dans une dynamique de promotion de la recherche, de vulgarisation scientifique, d’innovation technologique et de formation des jeunes aux métiers scientifiques et numériques.

De son côté, Simandou Academy, intégrée à la dynamique du Programme Simandou 2040, entend contribuer au développement du capital humain guinéen en préparant les compétences nécessaires aux secteurs stratégiques, notamment l’ingénierie, les technologies, l’agriculture durable et la gestion de projets.

L’Équipe scientifique guinéenne au Sommet scientifique des Nations Unies intervient, pour sa part, dans le domaine de la diplomatie scientifique, de la coopération internationale et de la valorisation des contributions guinéennes aux échanges scientifiques mondiaux.

Pour Mamadou Bhoye Baldé, ces différentes missions peuvent s’articuler autour d’une ambition commune : faire en sorte que les connaissances produites par les chercheurs se traduisent en progrès concrets pour les populations.

La recherche permet de produire de nouvelles connaissances, les institutions scientifiques contribuent à leur structuration et à leur diffusion, tandis que les dispositifs de formation préparent les compétences de demain. La coopération internationale, elle, ouvre la voie aux échanges d’expériences, aux partenariats et au partage d’expertise.

L’enjeu est donc de créer des passerelles durables entre ces différents acteurs, sans remettre en cause l’identité ni l’autonomie de chaque structure.

Au-delà de la coopération institutionnelle, Mamadou Bhoye Baldé insiste sur une condition essentielle au progrès scientifique : la liberté de recherche.

À ses yeux, les politiques publiques gagnent en pertinence lorsqu’elles s’appuient sur des données fiables, des travaux rigoureux et des analyses objectives. La science doit ainsi pouvoir éclairer les décisions sans être soumise à des considérations étrangères à ses exigences de vérité et de méthode.

« En science, ce sont les données, les recherches et les analyses qui permettent d’éclairer les décisions. Les scientifiques doivent pouvoir travailler dans un environnement de liberté intellectuelle, d’autonomie, d’intégrité et de responsabilité », souligne-t-il.

Cette indépendance ne signifie pas que les chercheurs doivent travailler en vase clos. Elle suppose plutôt un dialogue permanent avec les pouvoirs publics, les universités, les entreprises et les partenaires internationaux, tout en préservant la rigueur des travaux scientifiques et la crédibilité de leurs résultats.

Dans cette perspective, le diplomate scientifique estime que la Guinée gagnerait à renforcer les mécanismes de partage des données, à rapprocher les expertises disponibles et à mieux valoriser les résultats de la recherche.

L’objectif est clair : faire en sorte que la science ne reste pas confinée aux laboratoires ou aux publications spécialisées, mais qu’elle contribue davantage à résoudre les problèmes auxquels les populations sont confrontées.

La présence de la Guinée dans les espaces scientifiques internationaux constitue un autre axe important de la vision défendue par Mamadou Bhoye Baldé.

L’Équipe scientifique guinéenne au Sommet scientifique des Nations Unies s’inscrit dans cette volonté de faire connaître les compétences nationales, de développer les échanges avec les communautés scientifiques étrangères et de renforcer la participation guinéenne aux grands débats scientifiques mondiaux.

Mamadou Bhoye Baldé rappelle notamment la participation guinéenne à la 10ᵉ session du Sommet scientifique des Nations Unies, en 2024, qu’il présente comme une étape importante dans cette dynamique. Il évoque également les orientations scientifiques et la visibilité accordées à son équipe par l’Ambassade des États-Unis auprès de la République de Guinée, à Conakry.

Pour lui, cette ouverture internationale doit aller au-delà de la représentation et de la visibilité institutionnelle. Elle doit déboucher sur des résultats concrets pour les chercheurs, les étudiants et les jeunes talents guinéens.

Cela passe notamment par le développement de partenariats universitaires, l’accès à de nouvelles possibilités de formation, la mobilité scientifique, la réalisation de projets de recherche conjoints et le partage d’expertise.

Autrement dit, il ne suffit pas que la Guinée soit présente dans les rencontres scientifiques internationales. Il faut également que cette présence favorise la circulation des connaissances, le renforcement des compétences locales et l’émergence de collaborations durables.

Alors que la Guinée entend faire du Programme Simandou 2040 un levier de transformation économique et sociale, la question du capital humain occupe une place centrale.

La valorisation des ressources naturelles ne peut, à elle seule, garantir un développement durable. Elle doit s’accompagner d’investissements dans la formation, la recherche, l’innovation, les technologies et les capacités nationales de transformation.

C’est dans cette perspective que Mamadou Bhoye Baldé souligne l’importance d’une meilleure articulation entre les institutions scientifiques et les dispositifs de formation, notamment Simandou Academy.

Il invite les acteurs concernés à explorer des pistes de collaboration autour de plusieurs priorités : l’identification des besoins en compétences, la conception de formations adaptées aux réalités du pays, le développement de la recherche appliquée, l’accompagnement des jeunes talents et le renforcement des partenariats scientifiques internationaux.

Une telle coopération pourrait contribuer à rapprocher les besoins des secteurs stratégiques des capacités de recherche et d’innovation disponibles en Guinée.

Elle permettrait également de mieux préparer les jeunes aux métiers de demain et de favoriser l’émergence d’une expertise nationale capable d’accompagner les grands projets de développement.

Pour le diplomate scientifique, la complémentarité entre les institutions constitue ainsi une opportunité à saisir, dans le respect des missions et des responsabilités propres à chacune.

Au-delà des questions institutionnelles, Mamadou Bhoye Baldé lance un appel à l’ensemble de la communauté scientifique guinéenne : institutions, universités, chercheurs, innovateurs, étudiants et partenaires du pays.

Son message se veut rassembleur. Il ne s’agit pas de fusionner les structures, de confondre leurs missions ou de substituer une institution à une autre, mais de reconnaître la contribution de chacune et de construire des espaces de collaboration autour des priorités nationales.

« Nous travaillons pour la même nation et pour le même peuple. Les défis auxquels notre pays est confronté nécessitent la mobilisation de toutes ses filles et de tous ses fils. Je tends donc la main à nos structures scientifiques pour que nous puissions dialoguer, unir nos compétences et travailler ensemble au rayonnement scientifique de la Guinée sur la scène internationale », déclare-t-il.

Cet appel intervient dans un contexte où la formation des jeunes, la diversification de l’économie et la maîtrise des connaissances scientifiques et technologiques représentent des enjeux majeurs pour l’avenir du pays.

Pour Mamadou Bhoye Baldé, la capacité de la Guinée à tirer pleinement profit de ses ressources et de ses talents dépendra aussi de son aptitude à rapprocher les acteurs de la recherche, de l’éducation, de l’innovation et de la diplomatie scientifique.

Au fond, son plaidoyer repose sur une conviction : la science peut davantage contribuer au développement de la Guinée si les compétences nationales sont mobilisées dans un esprit de dialogue, de confiance et de responsabilité partagée.

Unir les expertises, préserver l’indépendance de la recherche et mettre la connaissance au service de l’intérêt général : telle est l’ambition qu’il défend pour une Guinée plus présente dans la science mondiale et mieux armée pour relever ses défis de développement.

Rédaction

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