Depuis plusieurs jours, l’administrateur général de l’hôpital ANAIM de Kamsar, Mandiaye Kaba, fait l’objet d’une série d’accusations relayées sur les réseaux sociaux et certains médias en ligne. Une situation qui intervient alors que plusieurs employés saluent les réformes engagées depuis son arrivée à la tête de l’établissement et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une campagne visant à ternir son image.
Afin de mieux comprendre l’origine de cette polémique, notre rédaction s’est entretenue avec plusieurs travailleurs de l’hôpital. Tous dressent le même constat : selon eux, les attaques répétées contre l’administrateur général seraient principalement alimentées par Ousmane Condé, dont ils estiment que les motivations sont davantage personnelles que professionnelles.
Pour ces employés, Mandiaye Kaba reste concentré sur sa mission, privilégiant la modernisation de l’hôpital, le renforcement de la cohésion entre les travailleurs et l’amélioration des conditions de travail, conformément aux orientations des autorités nationales.
L’un des employés rencontrés met notamment en avant les résultats enregistrés sous l’actuelle administration.
« Depuis son arrivée, l’administrateur a obtenu auprès de la Direction générale de l’ANAIM le recrutement de deux (2) personnels administratifs, deux (2) pharmaciens, seize (16) médecins généralistes, six (6) médecins spécialistes, un (1) biologiste ainsi que deux (2) paramédicaux. »
Un autre travailleur affirme que ces avancées ont profondément transformé les capacités de prise en charge de l’hôpital.
« Grâce à l’appui de la Direction générale de l’ANAIM, dirigée par Aly Damalaye Condé, l’administrateur Kaba a obtenu l’ouverture des services d’urologie et d’endocrinologie, une première depuis la création de l’hôpital. Par ailleurs, avec le soutien de la Direction générale, des médecins, infirmiers et autres personnels paramédicaux sont régulièrement envoyés en formation de spécialisation à Dakar, Abidjan et dans d’autres centres de référence. »
Une employée de longue date estime, pour sa part, que les critiques dirigées contre l’administrateur général ne reflètent pas la réalité vécue au sein de l’établissement.
« Franchement, notre administrateur ne mérite pas ces diffamations. Je travaille ici depuis plusieurs années et je peux affirmer que, grâce à l’administration actuelle et au soutien constant de la Direction générale de l’ANAIM, l’image de l’hôpital ainsi que son niveau d’hygiène ont considérablement évolué. L’établissement était dans un état très difficile avant son arrivée. L’administration a également obtenu la correction des disparités salariales du personnel intérimaire, dont Ousmane Condé lui-même a bénéficié. Certains salaires ont ainsi été revalorisés de 35 à 40 %, à la suite du protocole d’accord signé le 22 janvier 2023 à l’Inspection régionale du travail de Boké. Les différentes réformes engagées ont également permis d’instaurer un climat de travail plus harmonieux et d’améliorer la prise en charge des patients. »
Interrogés sur l’origine des accusations visant l’administrateur général, plusieurs employés avancent une explication commune. Selon eux, les publications seraient orchestrées par Ousmane Condé à travers un site d’information.
L’un d’eux déclare :
« Selon les informations dont nous disposons, les accusations proviennent essentiellement du site BasPeuple.com, animé par Ousmane Condé, qui est également secrétaire général du syndicat d’une société sous-traitante de l’hôpital, la MCA. Il avait été compressé en 2023 au niveau du service des archives de la coordination générale ANAIM de Kamsar avant d’être réaffecté à l’hôpital grâce à une initiative de l’actuel administrateur. Aujourd’hui, il nourrit une profonde rancœur parce qu’il n’a pas été embauché directement. Il bénéficie également du soutien de certains anciens responsables et de quelques complices à l’interne. Par le passé, il organisait régulièrement des rassemblements dans l’enceinte de l’hôpital, une pratique interdite par l’administration. Il a déclenché à plusieurs reprises des grèves sans respecter les procédures légales, sans préavis et sans négociation préalable du service minimum, tout en exerçant des pressions sur les employés qui refusaient d’y participer. »
Le même interlocuteur cite également un incident qu’il considère comme particulièrement préoccupant.
« Pour preuve, à la suite du déclenchement d’une grève sauvage, dans la nuit du 11 mai 2025, aux environs de 23 h 30, il s’est introduit dans les installations des urgences vitales de notre établissement alors que le personnel soignant était en pleine prise en charge d’un patient en situation critique. Il exigeait le départ immédiat de l’infirmière Kadiatou Aziz Diallo, employée intérimaire présente ce soir-là dans le cadre d’un remplacement.
Malgré la gravité de l’intervention médico-chirurgicale en cours, qui concernait un enfant de Kolaboui dont les jambes avaient été écrasées par un gros porteur, cette intrusion a interrompu le fonctionnement normal du service, créant une situation de mise en danger manifeste d’autrui. Selon ce travailleur, ces agissements contreviennent aux dispositions des articles 431 et 432 du Code du travail guinéen, qui imposent la continuité du service dans les établissements hospitaliers pendant les mouvements de grève ainsi que la mise en place d’un service minimum dans les services essentiels de santé.
Il s’est également arrogé le droit de fixer unilatéralement les effectifs du service minimum, sans concertation avec l’administration, provoquant d’importants déséquilibres dans l’organisation des soins. Aujourd’hui encore, il réclame l’embauche directe de plus de 200 personnes sans concours ni test de recrutement. »
Poursuivant son témoignage, ce travailleur évoque les circonstances ayant conduit, selon lui, à la rupture des relations entre Ousmane Condé et son employeur.
« Lorsque l’administration de l’hôpital a autorisé, il y a environ trois mois, le recrutement de personnel paramédical par voie de test, il a appelé au boycott de cette procédure. Les travailleurs ne l’ont pas suivi. Face à ses nombreux agissements ayant perturbé le fonctionnement normal de l’hôpital, son employeur, la société MCA, a finalement décidé de mettre un terme à leur collaboration. Depuis lors, il déverse sa colère et sa frustration sur la personne du Directeur de l’hôpital ANAIM de Kamsar. »
Au regard des témoignages recueillis, plusieurs employés estiment que les accusations portées contre Mandiaye Kaba relèvent davantage d’un différend personnel que d’une critique fondée sur des faits objectivement établis. Ils considèrent que les réformes engagées depuis son arrivée continuent, au contraire, de produire des effets positifs sur le fonctionnement de l’hôpital.
Notre rédaction a tenté de joindre Ousmane Condé afin de recueillir sa version des faits. Malgré plusieurs démarches entreprises, nos sollicitations sont restées sans réponse au moment de la publication de cet article.
Alpha Barry

