22 Novembre 1970/22 Novembre 2025, il y a 55 ans, jour pour jour, que la Guinée a fait l’objet d’une agression perfide orchestrée par une puissance étrangère. Douze ans plus tôt, l’on s’en souvient, sous la direction du grand syndicaliste Sékou Touré, elle avait fièrement accédé à l’indépendance après avoir voté ‘’non’’ au référendum gaulliste du 28 septembre 1958, montrant ainsi la voie à suivre aux autres pays francophones de l’Afrique subsaharienne. Pour avoir ainsi osé défier l’ancienne puissance coloniale par son ‘’non’’ massif au référendum, le jeune Etat et ses dirigeants seront frappés d’une sorte d’embargo qui ne dit pas son nom. Nombreux sont les Guinéens qui, pour diverses raisons, ont alors préféré quitter le pays pour aller grossir les rangs des exilés politiques ou économiques en France et dans les pays limitrophes de la Guinée, notamment la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Comme indiqué plus haut, le 22 novembre 1970, le pays fera l’objet d’une agression perpétrée par le Portugal, avec la complicité active de certains exilés politiques guinéens qui avaient élu domicile à Paris ou dans les pays limitrophes de la Guinée. Une attaque barbare qui, selon des sources, aurait fait plus de 300 victimes à Conakry. Mais grâce à la bravoure de notre vaillante armée, ces assaillants sans foi ni loi ont été vite maîtrisés ou repoussés et leurs complices arrêtés. Après un jugement rendu par le tribunal populaire, les coupables ont été condamnés à des peines plus ou moins lourdes. Des condamnations qui, il est vrai, continuent de faire couler des flots d’encre et de salive dans le pays.
De 1970 à ce jour, force est de reconnaître que l’armée guinéenne a connu des hauts et des bas. Les soldats guinéens ont pris une part très active dans les guerres de libération ou dans les missions d’interposition à travers le continent. En 1984, à la mort du premier président, elle s’est emparée du pouvoir. En 2000, soit trente ans après le douloureux événement du 22 novembre 1970, la Guinée a eu à faire face à des incursions rebelles à partir du Libéria et la Sierra-Leone. Le bilan humain et matériel a été relativement lourd pour le peuple guinéen. Le 23 décembre 2008, quelques heures après la disparition du Général-Président Lansana Conté, elle a de nouveau pris les rênes du pays. La suite, on la connaît.
Le 5 septembre 2021, le patriote Mamadi Doumbouya a cru devoir prendre ses responsabilités en s’emparant du pouvoir pour remettre le pays sur les rails au triple plan politique, économique et social. Il incarne aujourd’hui l’espoir aussi bien pour les Guinéens de l’intérieur que pour ceux de la diaspora. Pour tous les observateurs avertis de la scène politique guinéenne, l’actuel locataire du Palais Mohammed V est bien parti pour remporter haut la main la présidentielle du 28 décembre prochain, au regard de son bilan nettement positif à la tête de la Guinée.
Ibrahima Sory CISSE

