Site icon L'Information en temps réel!

Médias : Amadou Tham Camara élu président de la FEPAP-GUI

La Fédération patronale des associations professionnelles de la presse privée de Guinée (FEPAP-GUI) a officiellement vu le jour ce jeudi 8 octobre 2026 à Conakry. À l’issue de son assemblée constitutive, un bureau exécutif de onze membres a été mis en place pour un mandat de trois ans.

À la tête de cette nouvelle structure, les acteurs de la presse privée ont porté leur choix sur Amadou Tham Camara, président de l’Association guinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL), élu par acclamation.

La création de la FEPAP-GUI marque une volonté des organisations professionnelles de la presse de parler désormais d’une seule voix pour défendre les intérêts des entreprises de médias et contribuer à l’amélioration des conditions de travail des journalistes.

Prenant la parole après son élection, Amadou Tham Camara a salué cette initiative et appelé les différentes associations professionnelles à préserver cette dynamique collective.

« C’est ensemble qu’on est fort. Les entreprises de presse sont des entreprises à part entière et non des entreprises entièrement à part », a-t-il déclaré, estimant que cette fédération doit permettre aux médias de rechercher de nouvelles opportunités économiques et de renforcer leur viabilité.

Parmi les premiers dossiers sur lesquels compte s’engager la FEPAP-GUI figure la question des revenus publicitaires captés par les grandes plateformes numériques, notamment Google et Facebook.

Pour le nouveau président de la fédération, ces plateformes utilisent largement les contenus produits par les médias guinéens tout en attirant une part importante des investissements publicitaires du pays.

« Facebook n’a pas de journalistes en Guinée, mais utilise les informations de la Guinée et prend une partie de la publicité des Guinéens », a-t-il déploré.

La FEPAP-GUI entend donc engager des discussions avec les géants du numérique afin de trouver un mécanisme permettant aux médias guinéens de bénéficier davantage des revenus générés par les contenus qu’ils produisent.

« Ce que nous allons demander, c’est que les médias guinéens soient rétablis dans leurs droits. Et ce combat, nous allons le mener assez vite », a assuré Amadou Tham Camara.

La nouvelle organisation patronale souhaite également accélérer les discussions avec le syndicat des professionnels de la presse pour parvenir à la signature d’une convention collective dans le secteur privé.

L’objectif, selon le président de la FEPAP-GUI, est de mieux encadrer les relations de travail et d’améliorer les conditions de vie des journalistes.

« Nous avons un programme d’engager des discussions sereines avec le syndicat pour que nous signions très vite une convention collective », a-t-il annoncé.

La question fiscale figure également parmi les priorités du nouveau bureau. La FEPAP-GUI compte, dans les prochains jours, engager des démarches auprès des autorités pour obtenir un régime fiscal qui tienne compte des réalités économiques des entreprises de presse.

Pour Amadou Tham Camara, les médias ne peuvent pas être considérés comme des entreprises ordinaires lorsqu’il s’agit de leur appliquer les mêmes charges fiscales que des secteurs disposant de moyens financiers beaucoup plus importants.

« Il faut que notre spécificité soit prise en compte pour qu’on ait des mesures fiscales adaptées », a-t-il plaidé.

Autre chantier annoncé : la protection sociale des journalistes. La FEPAP-GUI prévoit des échanges avec la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) afin de discuter de l’immatriculation et de la couverture sociale des travailleurs des médias.

Le nouveau président reconnaît que de nombreux journalistes ne bénéficient toujours pas d’une couverture sociale, notamment en raison des difficultés financières auxquelles sont confrontées plusieurs entreprises de presse.

« Il y a beaucoup de journalistes aujourd’hui qui ne sont pas immatriculés à la Caisse nationale de sécurité sociale à cause des conditions difficiles », a-t-il expliqué.

La fédération souhaite ainsi obtenir un accompagnement spécifique pour permettre aux entreprises de presse de mieux assurer la protection sociale de leurs employés.

Avec la mise en place de ce nouveau bureau, la FEPAP-GUI entend désormais s’imposer comme un interlocuteur majeur des pouvoirs publics et des différents partenaires du secteur. Entre défense des intérêts économiques des médias, amélioration des conditions de travail et protection sociale des journalistes, le nouveau bureau affiche une feuille de route ambitieuse pour les trois prochaines années.

Rédaction

Quitter la version mobile