La Guinée veut désormais réfléchir à l’après-mines et à la manière de transformer ses importantes ressources naturelles en richesse durable. C’est tout l’enjeu de la mise en place du futur Fonds souverain de Guinée, au cœur d’un atelier de restitution organisé ce mercredi 09 septembre 2026 par le Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.
La Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE GUI), conduite par son président, Ansoumane Kaba, a pris part aux échanges aux côtés des différents acteurs concernés. Pour le secteur privé national, la création de ce fonds constitue une opportunité importante, mais surtout un outil qui devra avoir des retombées concrètes sur l’économie guinéenne.
Derrière les discussions techniques et financières, une question se pose avec insistance : comment faire en sorte que les revenus tirés des ressources naturelles profitent durablement à l’ensemble du pays, y compris lorsque ces ressources viendront à s’épuiser ?
Pour le patronat, la réponse ne peut pas se limiter à l’accumulation de réserves financières. Une partie de cette richesse doit servir à préparer l’avenir en investissant dans les infrastructures, l’éducation et la formation, les entreprises locales, l’innovation et la création d’emplois.
La mise en place du Fonds souverain intervient dans un contexte où la Guinée entend accélérer sa transformation économique, notamment à travers la dynamique portée par Simandou 2040.
L’ambition affichée est de faire des ressources naturelles un véritable levier de développement et non une simple source de revenus à court terme. Dans cette perspective, le Fonds souverain pourrait jouer un rôle de passerelle entre les ressources de l’État, les investissements privés et les partenariats internationaux.
Pour les entreprises guinéennes, cette transformation représente un enjeu majeur. Le secteur privé souhaite notamment être associé aux choix d’investissement et aux mécanismes qui permettront de faire circuler davantage de capitaux dans l’économie nationale.
Il s’agit, selon cette vision, de favoriser l’émergence d’entreprises capables de produire localement, de créer des emplois et de participer à des chaînes de valeur aujourd’hui largement dominées par les importations.
Le secteur privé veut être un acteur, pas un simple spectateur
À travers sa participation à cet atelier, la CGE GUI entend réaffirmer la place du secteur privé dans cette nouvelle étape de l’économie guinéenne.
Le patronat souhaite contribuer aux réflexions sur la gouvernance du Fonds, mais également participer à la définition des priorités d’investissement et au développement de projets susceptibles de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
L’enjeu est donc de construire un véritable partenariat entre l’État et les entreprises, avec pour objectif de faire émerger une économie plus diversifiée et moins dépendante des seules activités extractives.
Car au-delà des chiffres et des mécanismes financiers, le véritable défi est celui de l’héritage économique que la Guinée souhaite laisser aux générations futures.
Transformer aujourd’hui les revenus tirés des ressources naturelles en infrastructures, en compétences, en entreprises et en emplois pourrait ainsi permettre de donner un contenu concret à l’ambition d’une Guinée économiquement plus autonome et plus prospère.
La création du Fonds souverain apparaît, dans cette perspective, comme une étape importante. Sa réussite dépendra toutefois de sa gouvernance, de la transparence de ses investissements et surtout de sa capacité à produire des résultats visibles et durables pour l’économie nationale.
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