{"id":317,"date":"2018-04-10T16:53:14","date_gmt":"2018-04-10T15:53:14","guid":{"rendered":"http:\/\/guineechrono.com\/?p=317"},"modified":"2018-04-10T21:05:06","modified_gmt":"2018-04-10T20:05:06","slug":"artisanat-immersion-dans-lunivers-difficile-des-cordonniers-de-conakry","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/artisanat-immersion-dans-lunivers-difficile-des-cordonniers-de-conakry\/","title":{"rendered":"Artisanat : immersion dans l\u2019univers difficile des cordonniers de Conakry"},"content":{"rendered":"<p>La cordonnerie ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui. Ce m\u00e9tier, dont les mat\u00e9riaux sont essentiellement constitu\u00e9s de peaux et de caoutchouc, est exerc\u00e9 dans aussi bien dans les grandes villes de la Guin\u00e9e que dans certains villages. A Conakry, on rencontre de nombreux cordonniers qui exercent ce m\u00e9tier pour pouvoir joindre les deux bouts dans une conjoncture plus que difficile, a constat\u00e9 Guineematin.com, \u00e0 travers un de ses reporters.<\/p>\n<p>De nos jours, beaucoup de citoyens se retrouvent dans ce m\u00e9tier dans le but de tirer leur \u00e9pingle du jeu. Certains d\u2019entre eux, rencontr\u00e9s ce lundi 9 avril 2018, ont expliqu\u00e9 \u00e0 notre reporter les raisons de leur choix pour ce m\u00e9tier et les conditions dans lesquelles ils l\u2019exercent.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas d\u2019Armand Patrick, cordonnier qui r\u00e9side \u00e0 Koloma depuis 2015, dans la commune de Ratoma. Ce jeune ivoirien, dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9 de Cocody, s\u2019est lanc\u00e9 dans ce m\u00e9tier depuis son enfance en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Selon lui, \u00ab la cordonnerie consiste \u00e0 fabriquer, r\u00e9parer, r\u00e9nover ou d\u00e9corer des articles tels que des chaussures, des sacs, ceintures et autres objets en cuir et ses d\u00e9riv\u00e9es. Dans le travail, tant au niveau de la fabrication qu\u2019au niveau de la r\u00e9paration, le cordonnier d\u00e9coupe, assemble et monte les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments formant les chaussures en collant, piquant ou en cousant \u00bb.<\/p>\n<p>Armand Patrick utilise le cuir, le caoutchouc, le tissu, et autres pour la confection de ses produits. Pour ce qui est de l\u2019assemblage, il utilise \u00ab ensemble ou s\u00e9par\u00e9ment les \u00e9l\u00e9ments tels que la colle, les clous, les ficelles et les rivets \u00bb.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019obtention des mati\u00e8res premi\u00e8res, Armand Patrick dit qu\u2019il lui faut parfois aller \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, comme \u00e0 Lab\u00e9, pour trouver les peaux. Pour ce qui est de son revenu, le cordonnier dit que \u00ab \u00e7a varie. \u00c7a va de 35 mille francs guin\u00e9ens \u00e0 230 mille francs guin\u00e9ens par jour. Mais parfois, il n\u2019y a rien \u00bb.<\/p>\n<p>Une fois fabriqu\u00e9s, les prix des produits du cordonnier varient selon les mod\u00e8les. \u00ab \u00c7a d\u00e9pend de la qualit\u00e9 des chaussures. Il y en a pour les b\u00e9b\u00e9s \u00e0 20 mille FG ou 25 mille FG. Pour les grandes personnes, il y en a qui se n\u00e9gocient entre 35 mille et 60 mille francs guin\u00e9ens. G\u00e9n\u00e9ralement, c\u2019est \u00e0 l\u2019occasion des f\u00eates que \u00e7a marche. \u00c0 l\u2019heure l\u00e0, vue la conjoncture, \u00e7a ne marche pas tellement. Mais, comme \u00e7a ne pourri pas, on attend, il faut \u00eatre patient, c\u2019est Dieu qui donne \u00bb, lance-t-il, fataliste.<\/p>\n<p>Chez Mamadou Saliou Diallo et Ousmane Diallo, tous rencontr\u00e9s \u00e0 Bamb\u00e9to, dans la commune de Ratoma, le constat est presque le m\u00eame.<\/p>\n<p>Mamadou Saliou Diallo explique avoir opt\u00e9 pour la cordonnerie dans le souci d\u2019aider ses parents. \u00ab J\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 jusqu\u2019en 6\u00e8me ann\u00e9e en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Mais, mes parents n\u2019avaient pas les moyens pour me soutenir. C\u2019est ainsi que j\u2019ai abandonn\u00e9 les \u00e9tudes et commenc\u00e9 ce m\u00e9tier pour aider mes parents. Je fais ce m\u00e9tier l\u00e0, je ne gagne pas beaucoup parce que le moment est dur. Mais avec \u00e7a, je gagne ma vie et j\u2019aide mes parents. Si \u00e7a marche, je peux gagner jusqu\u2019\u00e0 200 mille voire 300 mille francs guin\u00e9ens. Par fois je ne gagne rien aussi, mais c\u2019est mon m\u00e9tier \u00bb.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Ousmane Diallo est dipl\u00f4m\u00e9 en soudure au Centre de Formation Professionnelle de Donka. Il dit avoir appris ce m\u00e9tier parall\u00e8lement \u00e0 ses \u00e9tudes. \u00ab Apr\u00e8s mes \u00e9tudes, j\u2019ai trouv\u00e9 que je ne pouvais pas \u00eatre engag\u00e9 \u00e0 la fonction publique, et le priv\u00e9 demandait du financement. Je me suis rabattu sur ce m\u00e9tier depuis 1984. Depuis, ma famille et moi nous vivons de \u00e7a \u00bb.<\/p>\n<p>Pour lui, par manque de financement, la cordonnerie se fait en Guin\u00e9e de fa\u00e7on traditionnelle alors qu\u2019on pouvait la moderniser pour permettre aux artisans de produire beaucoup et en bonne qualit\u00e9. Il a aussi souhait\u00e9 qu\u2019il y ait des produits chimiques pour le tannage des peaux. Toute chose qui pourrait rendre tr\u00e8s beaux les produits et le co\u00fbt moindre.<\/p>\n<p><strong>Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La cordonnerie ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui. Ce m\u00e9tier, dont les mat\u00e9riaux sont essentiellement constitu\u00e9s de peaux et de caoutchouc, est exerc\u00e9 dans aussi bien dans les grandes villes de la Guin\u00e9e que dans certains villages. A Conakry, on rencontre de nombreux cordonniers qui exercent ce m\u00e9tier pour pouvoir joindre les deux bouts dans une conjoncture [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":318,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"buzzeditor_post_format":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-317","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/guineechrono.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Ousmane-Diallo-cordonnier-\u00e0-Bambeto.jpg","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/317","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=317"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/317\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/318"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=317"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=317"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/guineechrono.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=317"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}