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Attaque contre “ le journal LE SOIR” : quand la liberté de la presse devient une cible

Le secrétaire à la rédaction du journal Le Soir, Moussa Soumah, sa mère et la rédaction du journal ont été victimes d’agressions violentes les 16 et 17 août à Conakry. Des actes qui, selon plusieurs observateurs, s’apparentent à une tentative d’intimidation contre un journaliste connu pour ses enquêtes dérangeantes. Derrière cette violence, se dessine une inquiétante dérive : celle d’une liberté de la presse guinéenne constamment menacée, où informer devient un risque de trop.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 octobre 2025. D’abord à Matoto, où la mère de Moussa Soumah a été brutalement agressée devant son domicile par deux individus non identifiés. Selon les témoins, ces hommes l’ont rouée de coups tout en lui demandant avec insistance où se trouvait son fils. Ils ont ensuite pris la fuite à bord d’un scooter T-Max en direction de Kaloum.

Quelques heures plus tard, c’est la rédaction du journal Le Soir, située à Teminétaye (Kaloum), qui a été à son tour prise d’assaut par des inconnus. Des biens ont été dérobés, notamment du matériel informatique et des documents de travail. Pour la directrice de publication, Marie Rose Soumah, il ne fait aucun doute que l’attaque est liée au travail journalistique de son collaborateur.

« Dans la nuit du samedi au dimanche, notre rédaction a été victime d’une violente agression. Des équipements ont été emportés, mais au-delà des biens, c’est notre liberté d’informer qui a été visée », déplore-t-elle.

Selon les explications de la directrice du journal, Moussa Soumah serait ciblé pour un article publié dans le numéro 071 du lundi 10 octobre 2022, dans lequel il révélait des cas d’extorsion de manifestants du FNDC et de l’opposition par certains éléments des forces de l’ordre. L’article, salué pour son courage et sa rigueur, avait provoqué une onde de choc dans les milieux politiques et sécuritaires.

Depuis cette publication, Moussa Soumah a reçu plusieurs menaces et convocations de la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) pour “incitation à la haine” et “diffusion d’informations sensibles”. Malgré les démarches entreprises pour régler le différend à l’amiable avec le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, le journaliste a été contraint de quitter le pays pour sa sécurité, selon sa hiérarchie.

« Malgré son départ, sa famille continue d’être harcelée. On nous informe qu’il est toujours activement recherché. Cela démontre que le problème n’a jamais été résolu, mais simplement déplacé », confie Marie Rose Soumah.

L’agression contre Moussa Soumah et la rédaction du Soir intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les médias indépendants et certaines autorités. Plusieurs rédactions se plaignent de pressions, de censures et de harcèlements judiciaires visant à faire taire les voix critiques.

Pour de nombreux journalistes, cette affaire illustre une volonté de museler la presse critique et de réinstaurer la peur dans les salles de rédaction. Moussa Soumah, reconnu pour son professionnalisme, incarne cette génération de journalistes qui refusent de se soumettre à la peur et revendiquent le droit d’informer sans contrainte.

« Ce qui arrive à Moussa est un avertissement pour tous les journalistes libres. Mais nous ne céderons pas. La vérité a toujours fini par triompher », affirme un de ses confrères sous couvert d’anonymat.

Au-delà du cas Moussa Soumah, c’est toute la liberté de la presse guinéenne qui semble vaciller aujourd’hui. Entre menaces, agressions et restrictions d’accès à l’information, les médias indépendants opèrent dans un climat d’insécurité grandissante.

L’impunité qui entoure ces attaques renforce un sentiment d’injustice et de désespoir au sein de la corporation. Le journal Le Soir appelle les autorités à ouvrir une enquête transparente et indépendante sur ces agressions, afin que la lumière soit faite sur les auteurs et leurs commanditaires.

La rédaction du Soir lance un message clair : toucher un journaliste, c’est s’attaquer à la vérité. À travers cette épreuve, la profession journalistique est plus que jamais appelée à l’unité et à la résistance face à la peur. Moussa Soumah, bien qu’exilé, demeure un symbole de résilience et de liberté d’expression, rappelant à tous que la presse n’est pas un crime, mais le pilier essentiel de toute démocratie véritable.

Source: www.oeildupeuple224.com 

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