En Guinée, la femme est au début, au centre et au dénuement de toute action dans l’émancipation des peuples. C’est pourquoi d’ailleurs plusieurs personnes, à tort ou à raison, ont cru comprendre que « guinè » signifiant « femme » en soussou, c’est de là que proviendrait l’origine du nom de la République de Guinée, même si d’autres affirment qu’il vient de la langue berbère et signifie « Terre des Noirs ». En tout cas et quoi qu’il en soit, dans ces deux homophones, les Guinéens eux-mêmes voient d’abord la femme. Comme pour situer son importance et son rôle incontournable depuis les temps immémoriaux et dans l’histoire politique du pays dès l’indépendance en 1958.
Un extrait de l’hymne du Wassoulou, composée à la gloire du Fama, l’Almamy Samory Touré, proclamait déjà fort à propos que : « Si tu ne peux protéger le fer pour braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur… » Les femmes étaient ainsi vues comme les derniers recours pour protéger l’honneur et la dignité de la Terre là où les hommes montraient des signes évidents de fatigue sur tous les plans.
Elles ont été, de génération en génération, les piliers invisibles mais puissants des transformations profondes : mères d’insurgés, nourrices d’espérance, gardiennes d’une éthique communautaire dans les villages comme dans les quartiers des grandes cités. Ce sont elles qui ont nourri les résistants, tressé la parole politique dans les salons et sur les marchés, bravé les interdits pour dénoncer l’injustice, protégé la mémoire collective quand tout vacillait.
Du courage des femmes de Conakry marchant contre la répression coloniale, aux luttes silencieuses des veuves pour la vérité et la justice, l’histoire guinéenne s’est écrite à l’encre de leurs larmes, de leur sueur, mais surtout de leur dignité indomptable.
Aujourd’hui, l’espoir renaît à travers une figure d’homme d’État qui, au lieu de reléguer la femme à la périphérie du discours politique, la place au cœur de son projet de société. Le Général Mamadi Doumbouya n’a eu de cesse de proclamer, dans les actes comme dans les paroles, que l’avenir de la Guinée se conjugue au féminin pluriel : promotion des femmes à des postes stratégiques, protection des filles contre les violences, financément et valorisation des métiers féminins, et surtout encouragement constant à leur pleine participation citoyenne.
Ce renouveau politique se veut résolument inclusif, et nul ne peut l’incarner mieux que celles qui, depuis toujours, portent la société guinéenne à bout de bras. Alors, en cette année décisive où se joueront les fondements d’une Guinée nouvelle, il est naturel, presque vital, que les femmes soient encore les premières à se lever pour ouvrir les chemins du changement.
Elles ont été les sentinelles du passé, elles sont les semencières de l’avenir. Dès lors, face aux défis à venir, qui mieux qu’elles pour répondre à cette double interrogation : pourquoi voter « Oui » au référendum constitutionnel et pourquoi soutenir la candidature du Général Mamadi Doumbouya ?
Parce que dire « Oui », dans ce contexte, ce n’est pas simplement adhérer au civisme ou à un texte juridique. C’est affirmer une vision, embrasser une volonté de refondation réelle, et refuser de replonger dans les affres d’un passé constitutionnel taillé sur mesure pour des ambitions personnelles. Dire « Oui », c’est opter pour une architecture institutionnelle où la femme n’est plus un supplément d’âme décoratif mais une actrice à part entière du devenir national, protégée dans ses droits, encouragée dans ses élans, accompagnée dans ses initiatives.
Ce « Oui », c’est celui d’une société qui veut s’arracher à l’ornière de la répétition cyclique des abus, des exclusions, et de la confiscation de la parole populaire. C’est le « Oui » d’un peuple qui comprend que l’émancipation véritable passe par un socle juridique sain, stable, inclusif, garantissant non seulement l’alternance démocratique, mais aussi la reconnaissance de toutes les forces vives du pays — et notamment de cette moitié de la nation qui fut trop longtemps considérée comme périphérique.
Et pourquoi soutenir la candidature du Général Mamadi Doumbouya ? Parce qu’au-delà des postures, il incarne une promesse en train de se concrétiser. Une promesse de rupture avec les pratiques anciennes, de gouvernance assainie, de justice restaurée. Sous sa conduite, la parole donnée à la femme n’est plus une formule convenue, mais un engagement structurel. Le Général n’a pas simplement nommé des femmes ministres ou responsables : il leur a confié des leviers de pouvoir, là où hier, elles servaient de faire-valoir.
Il a compris que la société guinéenne ne peut se reconstruire sur des fondations bancales où la moitié du génie national est mise sous silence. Il a fait de l’émancipation féminine non un slogan électoral, mais une composante stratégique du redressement national. C’est cette lucidité rare dans l’histoire contemporaine de la politique guinéenne qui mérite d’être saluée, encouragée et poursuivie.
Soutenir sa candidature, c’est dire haut et fort que nous croyons en un avenir dirigé par une conscience éveillée, par une volonté de progrès, et par un engagement sincère à faire de la Guinée une nation qui protège les siens, sans distinction de genre, de rang ou de clan.
Alors, au regard de cette trajectoire historique des femmes guinéennes et de cette main tendue du pouvoir actuel pour leur garantir enfin la place qui leur revient, la vraie question n’est-elle pas : comment pourrait-on ne pas voter « Oui » et ne pas soutenir celui qui, pour une fois, place l’intérêt des femmes au centre de la République ?
Honorable Cheick Tidiane Traoré
Vice-Coordinateur Général de la Synergie GMD25