actu

lundi, février 2, 2026
SOCIÉTÉ

Énergie : sous Alpha Condé, la Guinée a posé les bases d’un nouveau paysage électrique

À son arrivée au pouvoir en 2010, le professeur Alpha Condé hérite d’un secteur énergétique en grande difficulté. La Guinée dispose alors d’une puissance électrique installée de 235,15 mégawatts (MW), mais seuls 118 MW sont réellement disponibles pour une demande estimée à près de 300 MW sur le réseau interconnecté national. Les infrastructures de production, de transport et de distribution sont fortement dégradées, limitant l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire.

Face à cette situation, les autorités engagent dès 2011 une politique ambitieuse de relance du secteur. Le projet emblématique de cette stratégie est le barrage hydroélectrique de Kaléta, d’une capacité de 240 MW, dont la construction débute en 2011 et qui est mis en service en 2015.

La connexion de Kaléta au réseau national marque un tournant. Selon les données officielles, le taux d’accès à l’électricité passe de 51,82 % en 2014 à 86,46 % en 2018, tandis que la production nationale d’énergie augmente fortement, passant de 696 GWh avant Kaléta à 1 876 GWh en 2018.

Dans le même temps, d’importants investissements sont réalisés dans le transport et la distribution de l’électricité, avec l’appui de partenaires techniques et financiers tels que la Banque islamique de développement (BID), la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence française de développement (AFD). Les réseaux sont progressivement réhabilités et étendus à l’intérieur du pays.

Pour renforcer la capacité de production et sécuriser l’approvisionnement, l’État acquiert également une centrale thermique de 100 MW. Par ailleurs, les travaux du barrage de Souapiti, d’une puissance de 450 MW, sont lancés en décembre 2015. L’ouvrage est raccordé au réseau national en décembre 2020, augmentant significativement la capacité énergétique du pays.

L’électrification des zones rurales constitue un autre axe majeur de cette politique. Un partenariat avec la société Huawei Technologies permet l’électrification de 200 localités, tandis que le réseau électrique est étendu aux 33 préfectures du pays en dehors du Grand Conakry. Les zones non reliées aux barrages hydroélectriques sont équipées de groupes électrogènes thermiques.

Sur le plan régional, la Guinée s’engage dans plusieurs projets d’interconnexion électrique sous-régionale. Parmi eux figurent la ligne Côte d’Ivoire–Sierra Leone–Guinée (CLSG), le projet de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), ainsi que des lignes reliant la Guinée au Mali, notamment via Manantali et Bamako.

À l’échelle nationale, un financement est également sécurisé pour la réalisation de la « boucle électrique de la Guinée », destinée à interconnecter les principales régions du pays, de la Haute-Guinée à la Guinée forestière, en passant par la Moyenne-Guinée.

Au total, près de 1 000 MW de nouvelles capacités de production ont été installées durant la présidence du professeur Alpha Condé. Un niveau inédit dans l’histoire énergétique du pays, représentant, selon les chiffres disponibles, sept fois plus de puissance installée que sous la Première République et deux fois plus que sous la Deuxième République.

A noter que ces investissements ont posé les bases d’un développement industriel à long terme.

Par Lanciné Sacko

 

Related Posts

1 of 44

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *