New York, États-Unis — Le parcours de Letitia James, procureure générale de l’État de New York, illustre la force de l’éducation, de la persévérance et de l’engagement au service de la société. Son histoire constitue une source d’inspiration pour les femmes et les jeunes filles qui aspirent à exercer des responsabilités dans la vie publique, le droit, la diplomatie et les institutions.
Née le 18 octobre 1958 à Brooklyn, dans l’État de New York, au sein d’une famille de huit enfants, Letitia James a construit son parcours à travers les études, le travail et un engagement constant dans la vie publique. Après des études au Lehman College, elle a obtenu son diplôme de droit à la Howard University School of Law en 1987, avant de poursuivre sa formation à Columbia University, où elle a décroché un master en administration publique en 2013.
Son itinéraire rappelle que l’accès aux hautes responsabilités repose souvent sur un apprentissage continu, une solide formation et la capacité à saisir les occasions qui se présentent. Il montre également que les ambitions les plus élevées peuvent se construire progressivement, au fil des expériences et des engagements.
De la formation à l’engagement public : le courage de persévérer
Avant d’accéder à la plus haute fonction juridique de l’État de New York, Letitia James a exercé comme avocate et occupé différentes responsabilités dans le secteur public. Au fil des années, elle s’est imposée dans la vie politique new-yorkaise, jusqu’à son élection au poste de procureure générale en novembre 2018. Elle est entrée en fonction en janvier 2019, devenant ainsi la première femme noire à occuper cette fonction dans l’histoire de l’État.
Au-delà de cette dimension historique, son parcours met en lumière une réalité essentielle : les femmes ont toute leur place dans les sphères de décision. Le droit, la gouvernance, l’administration publique, la diplomatie, la recherche, les sciences et les technologies sont autant de domaines dans lesquels leurs compétences et leur contribution méritent d’être pleinement reconnues.
L’excellence ne se mesure ni au genre ni à l’origine sociale. Elle se construit grâce aux compétences, à la discipline, à l’intégrité, au courage et à la volonté de contribuer au bien commun.
Aux femmes et aux jeunes filles : osez croire en votre potentiel
Le parcours de Letitia James adresse un message particulièrement fort aux femmes et aux jeunes filles africaines, notamment guinéennes : ne renoncez jamais à vos ambitions simplement parce que le chemin paraît difficile.
L’avenir se prépare par l’éducation, la formation, le travail et la confiance en soi. Il faut oser apprendre, prendre la parole, proposer des solutions, entreprendre, diriger des équipes et participer activement aux décisions qui façonnent la société.
Les femmes ne doivent pas être considérées uniquement comme des bénéficiaires des politiques de développement. Elles doivent aussi être reconnues comme des actrices majeures de la transformation économique, sociale, scientifique et institutionnelle de leurs pays.
En Guinée, comme partout ailleurs, la promotion du leadership féminin passe notamment par un accès équitable des filles à une éducation de qualité, le soutien à l’entrepreneuriat féminin et le renforcement de la présence des femmes dans les sciences, les technologies et les postes de responsabilité.
Investir dans les capacités des femmes, c’est investir dans l’avenir des familles, des communautés et des nations. Leur participation à la vie publique et aux processus de décision contribue à construire des sociétés plus inclusives, plus équitables et plus pacifiques.
Une reconnaissance qui engage à poursuivre le service du bien commun
Au-delà de l’hommage rendu au parcours de Letitia James, je tiens à exprimer ma sincère gratitude pour la considération qui m’a été témoignée. Je reçois cette marque d’estime avec humilité, reconnaissance et un profond sens des responsabilités.
Pour moi, toute reconnaissance constitue également une invitation à poursuivre les efforts en faveur de l’éducation, de la paix, de la coopération internationale et de la valorisation du potentiel humain.
En ma qualité d’ambassadeur de la Paix et de représentant du UNESCO Center for Peace des États-Unis en République de Guinée, je demeure convaincu que l’accompagnement des jeunes générations et la promotion des compétences féminines sont essentiels à la construction d’un avenir plus juste et plus solidaire.
Je souhaite également que cette reconnaissance soit une source d’encouragement pour toutes ces femmes qui, souvent dans l’ombre, accomplissent un travail remarquable, surmontent de nombreux obstacles et consentent d’importants sacrifices pour leur famille, leur communauté et leur pays. Leurs talents, leurs efforts et leurs contributions méritent d’être davantage reconnus et valorisés.
L’excellence féminine, un héritage à construire ensemble
Le parcours de Letitia James nous rappelle que les grandes responsabilités sont rarement le fruit du hasard. Elles se construisent à travers l’apprentissage, l’expérience, la persévérance et la volonté de servir. Il nous invite à regarder au-delà des titres et des fonctions pour reconnaître les compétences, les efforts et les valeurs qui rendent les parcours remarquables possibles.
L’excellence ne se résume pas à l’obtention d’un poste prestigieux. Elle se mesure aussi à la qualité du service rendu, au respect des principes éthiques, à l’écoute des autres et à la volonté d’agir dans l’intérêt général.
Aux femmes et aux jeunes filles de Guinée, d’Afrique et d’ailleurs, j’adresse ce message : osez apprendre, entreprendre, diriger et exceller. Ne laissez ni les préjugés ni les difficultés définir les limites de vos ambitions. Croyez en vos capacités, cultivez vos talents et saisissez les occasions de contribuer au progrès de vos sociétés.
Mais cette responsabilité ne repose pas uniquement sur les femmes elles-mêmes. Elle engage également les familles, les institutions, les responsables publics et l’ensemble de la société, qui doivent créer les conditions nécessaires pour que chaque fille puisse développer pleinement son potentiel.
Car lorsqu’une femme dispose des moyens de réaliser ses ambitions et de mettre ses compétences au service de la collectivité, c’est toute une société qui progresse.
L’excellence féminine n’est pas seulement une réussite individuelle : elle constitue une richesse collective et un investissement durable dans l’avenir de nos nations.
Par Ambassadeur Mamadou Bhoye BALDÉ, Diplomate scientifique – Ambassadeur de la Paix, Country Representative of the UNESCO Center for Peace (USA) en République de Guinée










