De la ville meurtrie par les crises à un modèle émergent de gouvernance, de paix et de développement en Afrique de l’Ouest.
Il est parfois des villes que l’histoire condamne à porter éternellement les cicatrices de leur passé. Bouaké aurait pu être de celles-là.
Ville stratégique de la Côte d’Ivoire, profondément marquée par les années de crise, Bouaké a longtemps été associée aux troubles, aux divisions et aux traumatismes qui ont véritablement affecté la Côte d’Ivoire et ses populations.
Mais aujourd’hui, lorsqu’on arrive à Bouaké, une autre réalité s’impose progressivement. Une ville qui se transforme, qui se réinvente, qui se modernise, qui retrouve sa vocation de carrefour économique, culturel et humain.
Et derrière cette transformation, il y a une vision : « Bouaké Nouveau », portée par le Ministre-Maire Amadou KONÉ, en droite ligne avec la vision de développement et d’émergence impulsée par le Président Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire.
C’est précisément cette transformation que j’ai eu l’occasion de mesurer récemment à l’occasion de la 7ᵉ édition du Forum sous-régional de la Jeunesse sur la Paix, la Sécurité et les Droits de l’Homme, organisée à Bouaké, par le ROAPDH.
En participant à ce Forum aux côtés de jeunes venus de plusieurs pays africains, je dois reconnaître avoir ressenti une véritable surprise.
Je connaissais Bouaké à travers son histoire. Mais j’ai découvert une autre ville Bouaké.
Une ville capable d’accueillir des délégations venues de plusieurs pays africains, d’organiser des activités internationales, de faire dialoguer des jeunes autour de la paix et de la sécurité et de projeter une image radicalement différente de celle associée à son passé.
J’ai découvert une ville où la propreté et l’assainissement occupent une place visible dans la gestion urbaine.
J’ai découvert une population qui semble progressivement intégrer une nouvelle culture de la discipline collective et du respect de l’espace public.
J’ai découvert une ville où la paix n’est plus seulement un slogan : elle se ressent dans la vie quotidienne.
J’ai découvert une ville qui entend désormais tourner définitivement la page des crises pour écrire celle du développement.
Et cette évolution mérite d’être regardée avec attention par l’Afrique. Car Bouaké n’est pas seulement en train de changer de visage. Elle est en train de changer de récit.
LES SEPT PILIERS D’UNE VISION : « BOUAKÉ NOUVEAU »
La force de la démarche portée par le Ministre-Maire Amadou KONÉ réside notamment dans le caractère multidimensionnel de sa vision.
Le changement d’une ville ne peut en effet se limiter à construire des routes ou des bâtiments. Il doit toucher la gouvernance, l’économie, les infrastructures, l’environnement, le social, la sécurité et l’industrie.
C’est précisément autour de ces sept axes prioritaires que se construit la vision de Bouaké Nouveau.
- La bonne gouvernance : gouverner avec les populations
Une ville ne peut véritablement se développer que si ses populations se sentent associées à son devenir , ce qui suppose donc une gestion inclusive, participative et transparente, permettant aux différentes composantes de la société de prendre part à la construction de la cité.
Femmes, jeunes, acteurs économiques, organisations de la société civile, autorités traditionnelles et religieuses : chacun doit pouvoir trouver sa place dans cette dynamique.
2- Le développement économique local : faire de Bouaké un moteur régional
Bouaké possède naturellement des atouts considérables. Sa position géographique, son histoire commerciale, son potentiel agricole, sa jeunesse et sa vocation de carrefour entre différentes régions en font une ville appelée à jouer un rôle économique majeur. La vision Bouaké Nouveau entend renforcer cette vocation en faisant de la ville un véritable pôle économique et commercial. Attirer les investissements, créer des emplois, encourager l’entrepreneuriat, valoriser les productions locales.
3- Les infrastructures : construire la ville de demain
Une vision stratégique ne peut produire des résultats durables sans infrastructures adaptées. Routes, voiries, logements, transports, équipements publics, espaces urbains modernes : tous ces éléments contribuent à l’attractivité d’une ville.
À Bouaké, cette transformation est particulièrement importante parce qu’elle accompagne le changement d’image de la ville.
4- Environnement et assainissement : la propreté comme marqueur de gouvernance.
C’est probablement l’un des aspects qui m’a le plus marqué lors de mon séjour à Bouaké. Elle traduit une certaine conception de la citoyenneté, de l’autorité publique et du respect du bien commun.
Une ville propre est une ville qui protège la santé de ses populations. Une ville propre est également plus attractive pour les investisseurs et les visiteurs.
Mais surtout, une ville propre est une ville qui enseigne à ses habitants que l’espace public appartient à tout le monde et que chacun doit contribuer à sa préservation.
5- Le développement social, culturel et sportif : remettre l’humain au centre
Une ville n’est pas seulement constituée de routes, d’immeubles et d’entreprises. Elle est d’abord constituée d’hommes et de femmes.
La vision Bouaké Nouveau accorde ainsi une place importante au développement social, à la culture, au sport et à la jeunesse.
Pendant plusieurs jours, des jeunes de différents pays africains ont pu se retrouver à Bouaké pour parler de paix, de sécurité, de droits de l’Homme, de climat, de prévention des conflits et de cohésion sociale.
6- Le renforcement de la sécurité : transformer une ville de conflit en ville de paix
L’histoire de Bouaké donne à cet axe une dimension particulière. Il y a des villes où parler de sécurité relève simplement de la gestion administrative.
À Bouaké, la sécurité possède une dimension historique, sociale et symbolique. La sécurité signifie ici la possibilité de vivre, de circuler, d’entreprendre, d’étudier et de se projeter dans l’avenir sans la peur du retour des violences.
La mise en place d’une sécurité de proximité, notamment à travers une police municipale, participe à cette dynamique. Cette sécurité repose sur la confiance entre les citoyens et les institutions. l’emploi, l’éducation, la justice, la cohésion sociale, surtout sur une jeunesse qui croit en son avenir.
7- Le développement industriel : produire davantage, créer davantage d’emplois
Le septième et dernier axe ouvre une perspective particulièrement ambitieuse.
Bouaké n’est plus uniquement une ville administrative ou commerciale. Elle est aussi entrain de devenir une ville productive.
Le développement industriel peut permettre de valoriser les ressources locales, de transformer les productions agricoles, de créer des emplois et de renforcer la contribution de la ville à l’économie nationale.
L’ambition affichée d’accroître significativement la contribution économique de Bouaké traduit cette volonté de faire de la ville un véritable pôle industriel.
BOUAKÉ : DE LA CICATRICE À LA RENAISSANCE
Il serait cependant réducteur de considérer Bouaké Nouveau comme un simple programme municipal. L’expérience de Bouaké pose une question beaucoup plus large : Comment une ville qui a connu les traumatismes de la guerre et des conflits peut-elle se reconstruire et retrouver une place centrale dans son pays et dans sa région ?
La réponse de Bouaké semble être en train de s’écrire sous nos yeux. Elle repose sur une idée fondamentale : la paix doit produire du développement et le développement doit consolider la paix.
C’est là que réside peut-être l’une des plus grandes leçons de Bouaké.
La paix ne doit pas seulement signifier l’absence de combats. Elle doit se traduire par des routes, des écoles, des emplois, des infrastructures, la propreté, la sécurité, la culture, le sport, des opportunités pour les jeunes, une gouvernance responsable. Autrement dit, la paix doit se voir dans le quotidien des populations.
UN MODÈLE POUR D’AUTRES VILLES AFRICAINES ?
L’expérience de Bouaké mérite aujourd’hui d’être observée au-delà des frontières ivoiriennes.
De nombreuses villes africaines portent encore les stigmates de conflits, de crises politiques ou de violences communautaires. Certaines peinent à se relever. D’autres cherchent encore le modèle de reconstruction qui leur permettra de restaurer la confiance des populations et d’attirer les investissements. Bouaké pourrait leur offrir une source d’inspiration.
Il ne s’agit évidemment pas de reproduire mécaniquement son modèle. Chaque ville possède son histoire, ses réalités et ses contraintes.
Mais l’expérience de Bouaké démontre qu’une ville peut changer lorsqu’une vision politique claire rencontre une volonté de transformation et une mobilisation collective.
Les cicatrices de la guerre ne sont pas nécessairement une condamnation à perpétuité. Elles peuvent devenir les fondations d’une nouvelle identité urbaine.
DE BOUAKÉ, VILLE DE CRISE, À BOUAKÉ, VILLE DE PAIX
Notre participation au Forum sous-régional de la Jeunesse a donné à cette transformation une dimension symbolique particulièrement forte. Pendant plusieurs jours, des jeunes venus de différents pays africains ont parlé de paix dans une ville qui, hier encore, était au cœur des préoccupations sécuritaires de la Côte d’Ivoire.
Ils ont parlé de droits de l’Homme, prévention des conflits, de sécurité, de changement climatique, de cohésion sociale, de participation citoyenne. Et ils l’ont fait à Bouaké. Cette image mérite d’être retenue.
Hier, Bouaké était associée aux conflits. Aujourd’hui, Bouaké accueille ceux qui veulent construire la paix.
Voilà probablement l’une des plus belles illustrations de la transformation en cours.
AMADOU KONÉ, UN HOMME AU CŒUR D’UNE TRANSFORMATION
Il serait difficile d’évoquer cette dynamique sans reconnaître le rôle central du Ministre-Maire Amadou KONÉ. Son action s’inscrit dans une vision politique plus large portée au niveau national par le Président de la République, Alassane Dramane OUATTARA.
Mais au niveau local, cette vision doit être incarnée.
Elle doit être traduite en projets, visible dans les rues, perceptible dans la vie quotidienne. C’est précisément là que réside l’enjeu du leadership municipal du Maire.
Un maire ne transforme pas une ville par les discours.
Il la transforme par la capacité à définir une vision, à mobiliser les ressources, à fédérer les acteurs et à obtenir des résultats. À Bouaké, la vision semble aujourd’hui avoir trouvé un terrain particulièrement favorable.
ET APRÈS ?
La réussite d’une transformation urbaine ne se mesure pas uniquement aux réalisations visibles. Elle se mesure aussi à sa capacité à durer.
Le véritable défi de Bouaké Nouveau sera donc de consolider les acquis, d’accélérer la création d’emplois pour les jeunes, de renforcer la participation citoyenne, de poursuivre les efforts en matière d’assainissement, d’améliorer continuellement les infrastructures et de faire de Bouaké une destination durable pour les investisseurs, les touristes, les organisations internationales et les grands rendez-vous africains.
Après avoir accueilli un Forum sous-régional réunissant des jeunes autour de la paix, de la sécurité et des droits de l’Homme, pourquoi Bouaké ne pourrait-elle pas demain accueillir davantage de conférences internationales, de rencontres diplomatiques, de forums économiques, culturels ou environnementaux ?
Bouaké a déjà démontré qu’elle pouvait accueillir l’Afrique. Il reste désormais à lui permettre d’accueillir davantage le monde.
AMADOU KONÉ, UNE POSTURE D’HOMME d’ÉTAT AU SERVICE DE BOUAKÉ.
Au-delà des fonctions ministérielles et municipales qu’il exerce, Amadou Koné s’affirme progressivement comme un véritable Homme d’État, dont l’action se mesure à la constance de sa vision, à l’ampleur de ses réalisations et à sa capacité à inscrire son territoire dans une dynamique durable de transformation.
Son engagement en faveur de Bouaké ne relève donc pas d’une simple gestion administrative de la cité. Il traduit une ambition politique et stratégique : faire de Bouaké une ville moderne, attractive, propre, résiliente et capable de jouer pleinement son rôle de grande métropole économique et sociale de la Côte d’Ivoire.
AMADOU KONÉ, LE PRÉSIDENT ADO EN MINIATURE ?
Il serait difficile d’évoquer la transformation de Bouaké sans faire le parallèle avec la vision nationale portée par le Président Alassane Ouattara. À l’échelle de la ville, Amadou Koné apparaît comme une sorte de « Président Ouattara en miniature », non pas par les fonctions, mais par une certaine conception de l’action publique : voir loin, planifier, mobiliser les ressources, engager les grands projets et surtout transformer les ambitions en réalisations concrètes.
Cette proximité dans la méthode de gouvernance se traduit par une conviction simple : le développement ne peut être réduit aux discours. Il doit se matérialiser dans les infrastructures, l’amélioration du cadre de vie, la mobilité, l’assainissement, l’emploi, la sécurité, l’attractivité économique et le bien-être des populations.
CONCLUSION : BOUAKÉ NOUVEAU, UNE PROMESSE POUR L’AFRIQUE
Bouaké nous enseigne une chose essentielle : une ville n’est jamais condamnée à son passé. Elle peut changer, se relever, se réinventer. Elle peut transformer ses blessures en force. Elle peut faire de son histoire un instrument de résilience.
La vision Bouaké Nouveau, articulée autour de la bonne gouvernance, du développement économique, des infrastructures, de l’environnement, du développement social et culturel, de la sécurité et de l’industrialisation, offre aujourd’hui un cadre stratégique pour accompagner cette transformation.
À travers notre participation au Forum sous-régional de la Jeunesse sur la Paix, la Sécurité et les Droits de l’Homme, nous avons été témoins d’une réalité qui mérite d’être connue et surtout analysée. Bouaké n’est plus seulement une ville qui se remet de la crise. Elle est en train de devenir une ville qui montre à l’Afrique comment on peut se relever après la crise.
Et c’est peut-être là le plus grand message de « Bouaké Nouveau » :
On peut sortir des cicatrices de la guerre pour construire les fondations de la paix, du développement et de la prospérité.
Si Bouaké poursuit résolument cette trajectoire, elle pourrait demain devenir bien plus qu’un modèle ivoirien. Elle pourrait devenir une référence africaine de résilience urbaine, de gouvernance locale et de reconstruction post-conflit.
Et pour tous ceux qui, comme nous, œuvrent pour la paix, la sécurité et les droits de l’Homme en Afrique de l’Ouest, cette transformation mérite d’être saluée, documentée et surtout partagée.
Bouaké Nouveau n’est donc pas uniquement le nom d’un projet. C’est une vision, une ambition. Et, surtout, c’est une ville qui semble avoir décidé de croire à nouveau en son avenir.
ALPHA BAYO, Doctorant en Droit Public, Représentant pays ROAPDH Guinée










