La Journée internationale de la liberté de la presse a été célébrée ce dimanche 3 mai 2026 en Guinée. L’événement, organisé par le Conseil d’administration de la Maison de la presse en collaboration avec les associations professionnelles des médias, a réuni plusieurs acteurs du secteur ainsi que des représentants des autorités.
À cette occasion, le président du Conseil d’administration de la Maison de la presse de Guinée, Aboubacar Camara, a pris la parole au nom de l’ensemble des professionnels des médias pour formuler trois principales doléances.
La première concerne la construction d’une Maison de la presse moderne et adaptée. « Depuis des années, nous travaillons dans des locaux exigus et inadaptés. La presse guinéenne mérite un véritable espace de travail, de formation, de mémoire et de solidarité », a-t-il déclaré, plaidant pour l’inscription de ce projet dans les priorités du programme Simandou 2040, avec un site envisagé sur le plateau de Koloma.
La deuxième doléance porte sur la revalorisation de la subvention accordée aux médias privés. Tout en saluant l’existence de l’aide publique à la presse, Aboubacar Camara a estimé que le montant actuel reste insuffisant. « Une presse pauvre est une presse vulnérable », a-t-il souligné, appelant à une augmentation significative des financements, assortie de critères transparents sous la supervision de la Haute Autorité de la Communication.
Enfin, il a évoqué la situation des médias publics, notamment la RTG, l’AGP et la radio rurale. Selon lui, ces institutions jouent un rôle essentiel dans la couverture du territoire national, souvent dans des conditions difficiles, mais souffrent d’un manque de moyens adaptés. Il a ainsi plaidé pour un plan spécial de modernisation et l’adoption d’un statut particulier pour les journalistes du service public.
Représentant le Premier ministre, le ministre directeur de cabinet à la Primature a, pour sa part, réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de la liberté de la presse. Il a rappelé que cette liberté est un droit fondamental garanti par la Constitution, tout en insistant sur le respect de l’éthique professionnelle et des principes de l’État de droit.
Dans un contexte marqué par la prolifération des fausses informations, il a également souligné l’importance de promouvoir une presse crédible, rigoureuse et responsable. « La qualité et la crédibilité de l’information constituent aujourd’hui des piliers essentiels de la cohésion nationale », a-t-il affirmé.
La cérémonie s’est achevée par la remise de satisfécits à plusieurs pionniers de la presse guinéenne, en reconnaissance de leur contribution au développement du secteur.
Aboubacar Camara










