Invité de l’émission Grand Angle sur la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG), lundi 9 février 2026, le président de l’Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum (ONASUR), Dr Sékou Kouréissy Condé, a dressé un état des lieux du processus électoral en cours en Guinée.
Une intervention attendue à un moment décisif de la transition démocratique du pays.
À travers une analyse méthodique, Dr Condé a clarifié les missions de son institution, mis en lumière les innovations introduites dans le dispositif électoral et insisté sur la nécessité de préserver un climat apaisé, condition essentielle à l’organisation d’élections crédibles et transparentes.
Au cœur de son intervention, le président de l’ONASUR a rappelé la distinction fondamentale entre les différents acteurs du processus électoral. La Direction Générale des Élections (DGE), a-t-il souligné, demeure l’organe technique central chargé de l’organisation matérielle des scrutins. L’ONASUR, pour sa part, intervient en tant qu’instance de supervision, veillant au respect strict du cadre légal.
« La DGE est le moteur du processus électoral. De notre côté, nous agissons dans la sensibilisation, la supervision et l’assurance que tout se déroule conformément au code électoral », a-t-il expliqué.
Présentée comme une émanation institutionnelle de la société civile, l’ONASUR se veut un intermédiaire crédible entre les citoyens, les candidats et l’administration électorale. « L’ONASUR, c’est la société civile version institutionnelle. Nous représentons les citoyens et veillons à l’égalité de traitement entre tous les candidats et partis politiques », a insisté Dr Condé.
Il a par ailleurs tenu à préciser que son institution ne défend aucun camp politique et s’attache exclusivement à l’application rigoureuse du droit électoral.
L’un des faits marquants du processus actuel, selon Dr Condé, réside dans l’alignement progressif des acteurs politiques et institutionnels autour d’une même dynamique. « Le plus fascinant aujourd’hui, c’est que tout le monde avance dans la même cadence », s’est-il réjoui.
Il a notamment salué l’implication croissante des femmes et des jeunes, qu’il considère comme un indicateur fort de maturité démocratique et de responsabilisation citoyenne. Cette mobilisation traduit, selon lui, une volonté collective de tourner la page des tensions passées et d’inscrire la Guinée sur la voie d’une stabilité durable.
Revenant sur les échéances électorales de 2010, marquées par de profondes divisions, il a estimé que des leçons ont été tirées. « En 2010, le vote a été source de divisions, parfois même de ruptures familiales. Aujourd’hui, le contexte est différent », a-t-il rappelé, appelant à faire de la séquence actuelle une opportunité de réconciliation nationale.
Sur le plan opérationnel, l’ONASUR s’appuie sur une méthodologie structurée : réception des signalements, vérification des faits, puis saisine des institutions compétentes — qu’il s’agisse de la DGE, des forces de défense et de sécurité, du ministère de la Justice ou de l’administration concernée.
« Nous garantissons aux candidats un traitement équitable et conforme à la loi. Toute irrégularité signalée est systématiquement vérifiée, puis corrigée si nécessaire », a assuré le président de l’Observatoire.
Il a précisé que plusieurs alertes relayées dans les médias se sont révélées être de simples incompréhensions, rapidement dissipées après enquête. Cette approche vise à prévenir les tensions et à renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral.
Dr Condé s’est également félicité du renforcement du dispositif d’observation : près de 10 000 observateurs sont mobilisés, aux côtés de plus de 47 000 agents impliqués dans l’ensemble du processus électoral en 2025. Un déploiement qui s’effectue, selon lui, dans un climat globalement apaisé, marqué par une présence sécuritaire « discrète mais efficace ».
Le président de l’ONASUR a mis en avant l’originalité de l’architecture électorale actuelle, fondée sur la complémentarité des organes. « La DGE organise les élections, mais elle ne peut pas être juge et partie. Il fallait un témoin crédible : c’est le rôle de l’ONASUR, représentant des citoyens et garant de la transparence », a-t-il affirmé.
Il a également salué ce qu’il considère comme une avancée majeure : la neutralité affichée de l’administration territoriale. « Pour la première fois, nous observons une neutralité totale des préfets, sous-préfets et responsables administratifs vis-à-vis des activités politiques », a-t-il déclaré, y voyant un signal fort en faveur de l’équité et de la crédibilité du scrutin.
À travers cette intervention, l’ONASUR réaffirme sa volonté d’accompagner le processus électoral jusqu’à son terme, dans un esprit de neutralité, de transparence et de service exclusif à la démocratie guinéenne.
Dans un contexte régional marqué par des transitions politiques sensibles, l’enjeu pour la Guinée dépasse la simple organisation technique des élections. Il s’agit également de consolider la paix, de restaurer la confiance entre les acteurs politiques et de renforcer la culture démocratique.
Pour Dr Sékou Kouréissy Condé, la mission de l’ONASUR s’inscrit pleinement dans cette perspective : faire du processus électoral non pas un facteur de division, mais un levier de cohésion nationale et de stabilité durable.










