Depuis 2012, le Mali est en proie à une insurrection djihadiste qui a fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Cette tribune appelle à une mobilisation urgente et solidaire pour sauver un peuple abandonné.
Il n’est un secret pour personne qu’aujourd’hui, les autorités de la transition du Mali ne savent plus où donner de la tête pour contenir l’avancée fulgurante des groupes djihadistes sur leur territoire. Depuis le 17 janvier 2012, date du déclenchement de la rébellion touarègue qui a rapidement été infiltrée par des groupes islamistes armés, le Mali est plongé dans une spirale de violence. Treize ans plus tard, le pays est toujours en guerre, et la situation ne cesse de se détériorer.
Mais que font les voisins ? Où sont les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ? Où est la solidarité africaine ? Le Mali est abandonné. Les populations maliennes sont abandonnées. Elles font face, seules, à des envahisseurs qui ne reculent devant rien. Si certains estiment que les autorités de la transition ne méritent pas d’être soutenues parce qu’elles refusent de collaborer avec des puissances étrangères, alors ils se trompent de combat. L’heure n’est plus à juger les régimes, mais à sauver des vies humaines.
Ceux qui ne sont pas encore confrontés aux attaques djihadistes doivent comprendre que si le Mali tombe, les mercenaires ne s’arrêteront pas là. Ils avanceront vers les pays voisins, vers ceux qui sont plus fragiles, plus exposés. Comme le dit si bien la sagesse populaire : si tu vois un oiseau se poser sur la tête de ton ami, ne dis pas que c’est la tête de ton ami, dis plutôt que c’est sur nos têtes qu’il faut qu’il parte.
Le Mali doit être secouru. Les Maliens sont chez eux, sur la terre de leurs ancêtres, et ils ont le droit de vivre en paix, comme les autres peuples d’Afrique. Ils ont le droit de cultiver leurs champs, d’envoyer leurs enfants à l’école, de prier dans leurs mosquées, sans craindre les balles ou les bombes.
Le bilan est lourd. Plus de 10 000 civils et militaires ont perdu la vie. Des centaines de villages ont été vidés de leurs habitants. Plus de deux millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays ou réfugiées dans les pays voisins. Les écoles ferment, les routes sont coupées, les marchés désertés. Et pendant ce temps, les groupes armés imposent leur loi, rançonnent, enrôlent de force, tuent sans pitié.
Non aux envahisseurs. Oui à une union sacrée des nations africaines pour stopper cette pandémie de violence qui ne connaît pas de frontières. Le Mali ne doit pas tomber. Car si le Mali tombe, c’est toute l’Afrique de l’Ouest qui vacille.
Mouctar Kalan Diallo










