À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux vautours, célébrée ce 5 septembre 2026, la Fondation HÉRITAGE Avifaune (FHA) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante des populations de vautours en République de Guinée. Selon plusieurs inventaires scientifiques, ces grands rapaces nécrophages connaissent un déclin particulièrement marqué au cours des dernières décennies.
Les vautours sont aujourd’hui confrontés à un risque sérieux de disparition en Guinée. Cette situation a été documentée à travers plusieurs inventaires ornithologiques réalisés depuis plusieurs dizaines d’années par les chercheurs d’Afrique Nature International, à l’origine de la création, en 2020, de la Fondation HÉRITAGE Avifaune.
Des inventaires complémentaires menés par les experts de la FHA entre 2022 et 2024 sur l’ensemble du territoire national ont également permis de mesurer l’ampleur du phénomène.
La République de Guinée abrite notamment quatre espèces résidentes de vautours : le Vautour de Rüppell, le Vautour africain, le Vautour charognard et le Vautour à tête blanche.
Toutes sont aujourd’hui classées en danger critique d’extinction, tandis que leurs populations se sont fortement effondrées au cours des vingt dernières années.
Au-delà de la disparition d’espèces emblématiques de la faune guinéenne et ouest-africaine, ce déclin constitue également une menace pour les écosystèmes, la faune sauvage et le cheptel domestique.
Souvent méconnus ou victimes d’une image négative, les vautours jouent pourtant un rôle majeur dans l’équilibre des écosystèmes. Grâce à leur capacité à repérer rapidement les carcasses d’animaux morts, ils contribuent à leur élimination et participent ainsi à la limitation de la propagation de certaines maladies.
Ces grands rapaces constituent donc de véritables alliés des éleveurs, des vétérinaires et des acteurs de la conservation de la nature. Leur présence contribue notamment à la prophylaxie sanitaire et à la protection du cheptel domestique et sauvage.
La Fondation HÉRITAGE Avifaune souligne également que les vautours figurent parmi les importants bioindicateurs de l’état de santé des écosystèmes africains.
La question de la conservation des vautours dépasse également le seul cadre environnemental. Dans plusieurs sociétés d’Afrique de l’Ouest, ces oiseaux occupent une place dans les traditions, les proverbes, les adages et certains rites.
Ils sont notamment associés à des pratiques culturelles et initiatiques, tandis que leur représentation apparaît dans certains masques et objets cérémoniels de plusieurs communautés.
La disparition de ces espèces constituerait donc également une perte pour le patrimoine naturel et culturel.
Selon les données recueillies par la FHA, l’une des principales causes du déclin des vautours en Guinée est liée à leur persécution directe par l’homme.
L’abattage destiné à certains usages de la médecine traditionnelle et du fétichisme, mais également la chasse pour la consommation et le trafic de viande, figurent parmi les facteurs identifiés comme contribuant à la diminution des populations.
Face à cette situation, la Fondation HÉRITAGE Avifaune entend renforcer les actions de conservation et de restauration des populations de vautours sur le territoire guinéen.
Ces actions sont développées en collaboration avec la Direction Nationale des Forêts et de la Faune (DNFF) du ministère de l’Environnement et du Développement durable, ainsi qu’avec la Direction Nationale des Services Vétérinaires du ministère de l’Élevage.
Des mémorandums de collaboration avec d’autres organismes gouvernementaux guinéens sont également en cours d’élaboration.
La Fondation indique par ailleurs que ses initiatives s’inscrivent dans la nouvelle approche de conservation adoptée par la Guinée, notamment à travers les mécanismes de gains nets de biodiversité et les compensations écologiques réglementaires destinées à atténuer les impacts résiduels des activités économiques sur les écosystèmes.
À travers cette mobilisation, la FHA entend contribuer à préserver les vautours, mais aussi les nombreux services écologiques qu’ils rendent à la nature, à l’élevage et aux populations.
En cette Journée internationale de sensibilisation aux vautours, le message est clair : protéger ces oiseaux, c’est aussi contribuer à protéger la biodiversité, la santé animale et l’équilibre des écosystèmes guinéens.
La rédaction














