Un avis de recherche vise le journaliste Aboubacar Cissé, animateur à la Radio Baraka FM, accusé par les autorités d’incitation à la révolte et de troubles à l’ordre social. Cette affaire, liée à une émission interactive consacrée à la cherté de la vie, suscite de vives inquiétudes dans le milieu médiatique.
Selon des informations recueillies, le commissariat de Kaporo Rails a lancé un avis de recherche le 14 mars 2026 à l’encontre du journaliste. Le 16 mars, des hommes en uniforme se seraient rendus au domicile familial situé à Kaporo, proférant des menaces à l’encontre de la famille. Depuis le 17 mars, son épouse affirme s’être réfugiée chez ses parents à Kindia.
Interrogée par notre rédaction, l’épouse du journaliste, Mme Cissé née Bintou Fofana, est revenue sur les faits ayant conduit à cette situation. Elle explique que tout remonte à une émission « Antenne libre » diffusée en mai 2022, au cours de laquelle plusieurs femmes avaient dénoncé la cherté du coût de la vie ainsi que leurs difficultés économiques. Selon elle, ces témoignages auraient été perçus par les autorités comme des critiques visant le régime de transition.
Malgré le temps écoulé depuis la diffusion de cette émission en mai 2022 et la longue période passée hors du pays par Monsieur Cissé, celui-ci demeurerait toujours sous la surveillance des autorités, lesquelles continueraient à s’intéresser à sa situation.
Contacté par notre rédaction, un dirigeant de la Radio Baraka FM, ayant requis l’anonymat, a exprimé son inquiétude face à cette affaire : « Ce journaliste n’a fait qu’exercer sa profession. Rien ne saurait justifier qu’il soit activement recherché », a-t-il déclaré. Il estime que cette affaire constitue un signal alarmant quant au traitement réservé aux journalistes dans l’exercice de leur métier. Ce dirigeant affirme par ailleurs que la radio fait face à des menaces quotidiennes émanant d’individus inconnus, exigeant qu’il livre le journaliste sous peine de voir la station fermée.
Ce cas n’est pas isolé : depuis 2021, des journalistes et autres professionnels des médias seraient visés par des arrestations et des poursuites arbitraires alors qu’ils ne font qu’exercer leur métier. Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse en Guinée et sur la protection des journalistes, dans un contexte où plusieurs acteurs des médias dénoncent des pressions.
Source: www.guineechrono.com











