Le directeur général du média en ligne www.guineechron.com affirme qu’un de ses journalistes nommé Abdoulaye Sylla a été contraint de quitter la Guinée après avoir subi plusieurs actes d’intimidation, des arrestations arbitraires, des violences physiques et des menaces répétées en lien avec ses activités professionnelles.
Dans un témoignage accordé sous couvert de sécurité, le responsable du site www.guineechrono.com revient sur le parcours de ce journaliste recruté en décembre 2021 comme stagiaire avant d’être intégré à la rédaction en qualité de reporter.
« Grâce à son sérieux et à son engagement, Abdoulaye Sylla a progressivement évolué au sein de la rédaction jusqu’à occuper les fonctions de chef du desk politique. Il couvrait régulièrement les questions politiques, sociales et les sujets liés aux droits humains », explique le directeur général.
Selon lui, les difficultés ont commencé lorsque le journaliste a entrepris des investigations sur plusieurs dossiers sensibles, notamment celui de la disparition des activistes Foniké Menguè et Ibrahima Diallo, enlevés dans la nuit du 9 juillet 2024 par des hommes armés et cagoulés.
« Alors qu’il poursuivait ses enquêtes, nous avons perdu tout contact avec lui pendant plusieurs jours. Sa famille et notre rédaction ignoraient où il se trouvait. Nous avons multiplié les démarches auprès de plusieurs responsables avant de découvrir qu’il était détenu dans un lieu relevant du Haut Commandement de la Gendarmerie », affirme-t-il.
Le responsable du média soutient que son collaborateur aurait été victime de violences physiques et psychologiques durant sa détention avant d’être libéré à la suite de négociations.
Malgré cet épisode, le journaliste a poursuivi son travail d’investigation, notamment sur des affaires de corruption, d’enlèvements arbitraires et de violations présumées des droits humains.
Le directeur général indique que la situation s’est aggravée après la publication d’un article consacré à l’enlèvement présumé de proches de l’artiste et activiste Élie Kamano.
« À partir de ce moment, il nous a signalé recevoir régulièrement des menaces de mort. Il était constamment suivi et vivait dans un climat de peur permanent », affirme-t-il.
Selon son récit, le journaliste aurait ensuite été enlevé dans la nuit du 30 novembre 2025 par des hommes armés alors qu’il rentrait d’une activité professionnelle.
« Pendant plusieurs heures, nous avons été sans nouvelles de lui. Lorsqu’il a finalement été retrouvé, il présentait des signes évidents de violences physiques. Son état de santé nécessitait une prise en charge médicale urgente », explique le directeur général.
Après une période de soins et de convalescence, le journaliste est revenu à Conakry avec l’intention de reprendre son activité professionnelle. Toutefois, les menaces auraient continué.
Le responsable du média évoque également les événements du 22 avril 2026, lorsque des hommes armés auraient effectué une descente au domicile du journaliste.
« Selon les informations recueillies auprès de sa famille, son père a été interpellé et interrogé afin de révéler sa localisation. Cette situation a renforcé nos inquiétudes quant à sa sécurité », souligne-t-il.
Deux jours plus tard, le 24 avril 2026, les locaux du média situés à Almamya, dans la commune de Kaloum, ont été la cible d’une attaque menée par des individus non identifiés.
« Plusieurs équipements ont été endommagés et des ordinateurs emportés. Cet incident est intervenu dans un contexte déjà marqué par de fortes pressions contre notre rédaction », affirme le directeur général.
Face à la multiplication des menaces et aux risques pesant sur sa sécurité, le journaliste a été contraint de se cacher dans plusieurs localités du pays avant que sa famille ne décide d’organiser son départ.
« Nous avons estimé qu’il n’était plus en sécurité. Son travail journalistique l’exposait à des dangers permanents. Son départ était devenu la seule option pour préserver sa vie », conclut le directeur général.
Ce témoignage met en lumière les difficultés auxquelles certains professionnels des médias affirment être confrontés lorsqu’ils couvrent des sujets sensibles liés aux droits humains, aux libertés publiques et à la gouvernance en Guinée.
Cherif Djiba Sano










