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samedi, août 8, 2026
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Journée internationale de la Femme africaine : la présidente de SyNCLUFP met en lumière les avancées et les défis de la participation politique des femmes en Guinée

À l’occasion de la Journée internationale de la Femme africaine, célébrée le 31 juillet, la Présidente de la Synergie des Femmes Leaders pour la Consolidation de la Paix et de l’Unité Nationale (SyNCLUFP-Guinée), Fatoumata Binta Barry, a pris part, le lundi 3 août 2026, à une rencontre internationale en ligne consacrée à la participation des femmes à la vie politique en Afrique. Une occasion pour elle de présenter les progrès réalisés en Guinée, mais aussi de rappeler les nombreux défis qui persistent.

La participation des femmes à la vie politique africaine reste au cœur des débats sur la gouvernance, la démocratie et l’égalité des chances. C’est dans ce contexte qu’une rencontre internationale organisée sur la plateforme Zoom a réuni, le lundi 3 août 2026, des actrices de la société civile et du monde politique autour du thème : « Femme africaine en politique : quelles réalités dans nos différents pays ? Cas de la Côte d’Ivoire et de la Guinée-Conakry. »

Pendant près d’une heure quarante-cinq minutes, les échanges ont permis de confronter les expériences de la Côte d’Ivoire et de la Guinée et de mettre en lumière les progrès accomplis, mais également les obstacles auxquels les femmes sont encore confrontées lorsqu’elles souhaitent s’engager en politique.

La rencontre était modérée par Delphine Bohews Fean, journaliste et directrice de Radio Manden Bakary. Deux intervenantes étaient invitées à partager leurs expériences : Nathalie Kouacou, présidente de l’ONG Vivre Sans Violence et ancienne directrice pays d’Amnesty International Côte d’Ivoire, et Fatoumata Binta Barry, présidente de la SyNCLUFP-Guinée, secrétaire chargée des questions électorales, de la démocratie et des relations avec les partis politiques au sein de la CONASOC. Sociologue, entrepreneure, ancienne femme politique et activiste de la société civile, cette dernière intervient depuis plusieurs années sur les questions liées à la gouvernance et à la participation citoyenne.

Au cours de son intervention, Fatoumata Binta Barry s’est particulièrement intéressée à l’évolution de la représentation des femmes dans les institutions guinéennes.

Elle a notamment cité les résultats des élections communales du 31 mai 2026. Sur les 8 753 conseillers communaux élus, 3 623 sont des femmes, soit 41,39 %, contre 5 130 hommes, représentant 58,61 % des élus.

Pour la responsable de la SyNCLUFP-Guinée, ces chiffres constituent un signal positif. La progression enregistrée au niveau des collectivités territoriales rapproche en effet la Guinée de l’objectif de parité dans la représentation locale.

« Aujourd’hui, nous enregistrons une grande avancée sur la représentation féminine dans les collectivités. Avec 41,39 %, nous ne sommes plus très loin de la parité », a-t-elle souligné, tout en rappelant la situation issue des élections communales de 2018.

Cette évolution montre, selon elle, que lorsque des mécanismes favorisant la présence des femmes sont mis en place, celles-ci sont en mesure d’occuper une place importante dans les instances locales de décision.

La situation est cependant différente lorsqu’on observe les institutions nationales.

Fatoumata Binta Barry a indiqué que la nouvelle Assemblée nationale issue des élections législatives du 31 mai 2026 compte 41 femmes sur 147 députés, soit 27,9 % de représentation féminine.

Même si ce chiffre représente une évolution encourageante, il reste encore loin d’une représentation équilibrée entre les hommes et les femmes.

La présence féminine au sein du gouvernement demeure également minoritaire. Sur les 30 ministres, seulement 7 sont des femmes, soit 23,3 % contre 76,7% d’hommes.

Ces chiffres prennent tout leur sens lorsqu’ils sont comparés à ceux des précédentes institutions. La 8ᵉ législature avait enregistré une représentation féminine de 25 %, tandis que la 9ᵉ législature comptait 16,7 % de femmes. Au sein du Conseil national de la transition (CNT), 24 femmes siégeaient sur 81 membres, soit environ 29,6 %.

Pour Fatoumata Binta Barry, ces données traduisent une progression, mais elles montrent surtout que la présence des femmes dans les lieux où se prennent les grandes décisions reste encore insuffisante.

Au-delà des statistiques électorales, la responsable de la SyNCLUFP-Guinée a également évoqué ce qu’elle considère comme une avancée historique dans la gouvernance publique guinéenne.

Pour la première fois, une femme a été nommée à la tête de la Direction générale des élections (DGE). Une évolution qui, à ses yeux, dépasse la simple question de la nomination.

Elle y voit un symbole fort de la capacité des femmes guinéennes à exercer des responsabilités stratégiques dans la conduite des processus électoraux.

Cette dynamique s’est ensuite poursuivie avec la nomination de cette même responsable à la tête du Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD), une autre première historique pour une femme en Guinée.

Ces nominations viennent ainsi renforcer le débat sur l’accès des femmes aux postes de responsabilité dans l’administration publique et les institutions de l’État.

Les échanges entre Fatoumata Binta Barry et Nathalie Kouacou ont également permis de comparer les réalités vécues par les femmes en politique en Côte d’Ivoire et en Guinée.

Au-delà des différences entre les deux pays, les intervenantes ont relevé plusieurs défis communs : la difficulté pour les femmes à accéder aux postes de décision, les résistances sociales, le poids des pesanteurs culturelles, mais aussi la nécessité de renforcer les mécanismes permettant aux femmes de s’engager durablement dans la vie politique.

La rencontre a également été l’occasion de formuler des pistes de réflexion pour renforcer le leadership féminin et favoriser une gouvernance davantage inclusive sur le continent africain.

Pour les participantes, la question n’est plus seulement de permettre aux femmes d’entrer dans les espaces de décision, mais également de leur donner les moyens d’y jouer pleinement leur rôle et d’y faire entendre leur voix.

À l’issue de cette rencontre, Fatoumata Binta Barry a exprimé sa gratitude aux organisateurs, à la modératrice Delphine Bohews Fean, à sa co-paneliste Nathalie Kouacou ainsi qu’à l’ensemble des participants pour la qualité des échanges.

Elle estime que ce type de rencontre permet de créer des passerelles entre les femmes engagées dans les différents pays africains et de partager des expériences susceptibles de faire avancer la cause du leadership féminin.

Son message se veut résolument tourné vers l’avenir : « Continuons à œuvrer ensemble pour une Afrique où les femmes occupent pleinement leur place dans la gouvernance, la prise de décision et la construction de sociétés plus justes, inclusives et prospères. »

En Guinée, les chiffres des élections communales de 2026 montrent que des progrès sont possibles. Mais entre la progression de la représentation locale et la faible présence des femmes dans certaines institutions nationales, le défi demeure entier : transformer les avancées enregistrées en une véritable égalité d’accès aux responsabilités publiques.

Rédaction

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