Accès limité à l’internet : pour une fois, les diplomates occidentaux poussent un cri d’orfraie ! (Edito-Djoma Mognouma Cissé)

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Ils ont décidé de parler fort. Après un moment de valse-hésitation. Ils ont décidé d’aborder de front le problème, de se payer d’audace en l’évoquant publiquement, alors qu’ils en avaient été saisis par des citoyens.

Même pas ce reproche de tentation de violation d’une liberté fondamentale, celle d’informer et de s’informer à travers l’internet, n’avait fait bouger ces excellences, qui étaient, jusqu’ici, bien confortables, dans leur indifférence vis-à-vis des récriminations d’opposants contre leur autorité.

Mais c’est, seulement, quand ça a affecté leurs activités au quotidien, que ces diplomates occidentaux, dans un élan trop alarmiste, ont brisé le silence, pour dire toutes leurs préoccupations liées à la mesure de restriction de l’internet, décidée par l’Etat. C’est du moins le sentiment largement partagé.

La représentante de l’Union Européenne et les ambassadeurs français et allemands, ont profité de cette occasion pour présenter un tableau plutôt préoccupant de la situation du pays. Comme s’ils en avaient plein sur le cœur.

Attention, l’obstination conduit à la dérive. Cela est une évidence !

Et pourtant, ces diplomates qui ont eu le ton amer, telle une componction, ont longtemps fait passer le verni chaque fois que les détracteurs, plutôt les adversaires du régime, ont tenté de susciter au sein de la communauté internationale, le sentiment d’avoir à faire avec un régime déviant, donc condamné à l’isolement.

Raison pour laquelle, pour ceux qui savent lire entre les lignes, que la volte-face des partenaires qui ont longtemps chéri le régime en place, doit interpeller.

Paradoxalement, vue d’en haut, c’est perçu comme une caricature.

Peut-être que personne ne comprend. A cet effet, l’on doit craindre. Parlant de l’accès limité à l’internet, de la position assumée et sans commisération, aucune, de l’Etat qui ne manque toujours pas d’arguments pour justifier cette restriction.

Depuis deux mois, faut-il le rappeler, les Guinéens vivent, comme la mort dans l’âme, des restrictions liées à un accès libre à l’internet.

L’économie en souffre. Les caisses de l’Etat en font les frais. Le porte-parole du gouvernement, par ailleurs, ministre des Postes, télécommunications et de l’économie numérique, en est lui-même conscient. Il reconnaît les pertes enregistrées par l’Etat, à cause de la situation qui se passe de commentaires.

Lors de sa sortie sur la RTG, la seule tribune dont dispose, pour l’heure, l’Etat, pour ses communications et d’éventuelles propagandes, ce après la fermeture des médias privés les plus écoutés sur fond de polémiques sur les intentions inavouées, Ousmane Gaoual Diallo révèle aux Guinéens, qu’au-delà de l’aspect sécuritaire qui avait été abondamment défendu pour justifier la restriction, qu’il y a aussi une motivation économique.

Le porte-parole nous apprend que les réseaux sociaux font perdre beaucoup d’argent à l’Etat et qu’il faut, à cet effet, réglementer son accès pour permettre au pays de mieux gagner. C’est à comprendre là, qu’il faut alors nécessairement couper l’internet. Quelle prouesse ! Que c’est trop bien gamberger! Mais ça ne semble pas passer pour autant dans l’opinion.

Le ministre du budget est alors demandé d’en tenir compte dans sa programmation des recettes. Le ministre des finances qui se bat pour avoir une économie résiliente, vient d’être lui-aussi, informé qu’il doit davantage peaufiner sa stratégie pour juguler le divorce d’avec les partenaires financiers, comme l’ont alerté les ambassadeurs, autant la situation va demeurer ainsi.

Et cette situation, elle le demeurera ainsi, car le porte-parole du gouvernement avertit que ça n’évoluera pas tant que le pouvoir n’a pas trouvé une solution pour contrôler l’accès aux réseaux sociaux.

In DjomaMedia

 

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