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vendredi, juin 12, 2026
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Kaloum : une mère agressée pour avoir accepté le mariage de sa fille avec un jeune chrétien

À Almamya, dans la commune de Kaloum, une affaire familiale aux relents religieux a failli virer au drame. Mariame Condé, une femme d’une cinquantaine d’années, a été violemment agressée ce samedi 4 avril 2026 par plusieurs membres de sa belle-famille qui l’accusent d’avoir soutenu le mariage de sa fille avec un homme de confession chrétienne. 

Sauvée de justesse grâce à l’intervention de riverains, la victime porte aujourd’hui les séquelles physiques et psychologiques d’un conflit familial qui dure depuis plusieurs années et qui soulève de nombreuses interrogations sur l’intolérance religieuse, les violences faites aux femmes et le poids des traditions dans certaines familles guinéennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce samedi matin, aux environs de 9 heures, le calme habituel du quartier Almamya a été brusquement rompu par des cris et des scènes de violence qui ont choqué plusieurs habitants. Selon des témoins rencontrés sur place, Mariame Condé, commerçante âgée d’une cinquantaine d’années, se rendait au marché lorsqu’elle aurait été interceptée puis violemment prise à partie par plusieurs membres de sa belle-famille.

D’après les témoignages recueillis auprès des voisins, la victime aurait reçu des coups avant d’être insultée publiquement par ses agresseurs qui lui reprocheraient d’avoir favorisé le mariage de sa fille, Aminata Sadjo Camara, avec un jeune homme chrétien identifié sous le nom de Jean Philippe Zogbélémou. « Nous avons entendu des cris venant de la route principale. Quand nous sommes sortis, nous avons trouvé la dame au sol. Des hommes l’insultaient et l’accusaient d’avoir déshonoré la famille », raconte une voisine encore sous le choc.

Plusieurs citoyens du quartier affirment être intervenus rapidement pour empêcher que la situation ne dégénère davantage. Sans cette intervention, certains estiment que le pire aurait pu se produire. « C’était extrêmement violent. Elle était en larmes et demandait qu’on la laisse tranquille. Les gens du quartier ont dû s’interposer pour calmer les agresseurs », témoigne un jeune du voisinage.

Selon des proches de la famille, cette affaire trouve son origine dans un conflit qui remonte à 2019. À cette époque, Aminata Sadjo Camara, alors âgée d’une trentaine d’années, avait décidé d’épouser Jean Philippe Zogbélémou, un homme de confession chrétienne. Une union que plusieurs membres de sa famille paternelle n’auraient jamais acceptée.

Décrite comme issue d’une famille musulmane conservatrice et très attachée aux traditions religieuses, Aminata aurait subi de fortes pressions avant son mariage. Malgré l’opposition de certains proches, elle aurait maintenu sa décision avec le soutien discret de sa mère et de certains membres de la famille maternelle. Depuis lors, les tensions n’auraient cessé de s’aggraver entre Mariame Condé et ses beaux-frères, notamment les oncles paternels d’Aminata, qui l’accusent d’avoir participé à l’organisation de cette union « contraire aux valeurs familiales ».

Une source familiale explique que les différends ont progressivement plongé la famille dans un climat de méfiance et de rupture. « Depuis le mariage, Mariame était constamment accusée d’avoir encouragé sa fille à abandonner les traditions familiales. Certains membres de la famille ne lui adressaient même plus la parole », confie un parent ayant requis l’anonymat.

Des habitants du quartier dénoncent également une montée inquiétante de l’intolérance au sein de certaines familles, où les choix personnels liés au mariage deviennent des sources de violences physiques et psychologiques. « On ne peut pas frapper une mère parce que sa fille a choisi son mari. Ce sont des pratiques qui détruisent des familles entières », déplore une femme rencontrée dans le voisinage.

Selon plusieurs sources concordantes, Aminata Sadjo Camara et son époux auraient quitté la Guinée depuis plusieurs mois par crainte de représailles et afin de protéger leur foyer. Le couple serait aujourd’hui parent d’un enfant. Des proches affirment que les menaces contre le couple auraient été récurrentes depuis leur union. Certains membres de la famille continueraient de considérer ce mariage comme une humiliation et une atteinte aux principes religieux de la lignée familiale.

Cette affaire relance le débat sur les violences intrafamiliales et les conflits liés aux mariages interreligieux en Guinée. Alors que la Constitution garantit la liberté de conscience et le libre choix du conjoint, plusieurs observateurs estiment que les pesanteurs sociales et religieuses continuent d’exposer de nombreuses femmes à des violences souvent passées sous silence.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités locales sur cette agression. Mais dans le quartier Almamya, l’émotion reste vive et beaucoup appellent à l’ouverture d’une enquête afin que les auteurs répondent de leurs actes devant la justice.

Dossier à suivre…………..

Aboubacar Camara

 

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